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Comprendre le vieillissement humain grâce au ver C. elegans

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Résumé
Description
L'équipe d'Hugo Aguilaniu, du LBMC (Laboratoire de biologie moléculaire de la cellule/CNRS) vient de publier, dans Aging Cell, le journal de l'Anatomical society of Great Britain and Ireland,  un article qui ouvre de nouvelles voies pour comprendre le vieillissement et les maladies qui lui sont associés. Traditionnellement, les études sur le vieillissement comparent des individus âgés à des individus plus jeunes, ou bien des individus normaux à des individus à la longévité prouvée(1) . Dans cette étude, Jérôme Goudeau et Hugo Aguilaniu ont abordé la question sous un angle nouveau, en se posant une question simple : existe-t-il dans la nature, des exemples de rajeunissement, de remise à zéro de l'horloge biologique ? Eh bien oui, cela existe ! Au moment de la reproduction tout simplement : lorsque des individus matures sexuellement donnent naissance à des individus jeunes, dont la chance de développer des maladies du vieillissement (donc des cancers) est quasiment nulle. Les protéines, constituant principal de nos cellules, s'endommagent avec le temps (carbonylation ou oxydation). En suivant, grâce à un marqueur , la reproduction chez un organisme génétiquement malléable, le ver C. elegans., Goudeau et Aguilaniu ont réussi à visualiser le processus de « remise à zéro » au sein d'un individu. Ainsi, en utilisant la génétique du ver, nos chercheurs on démontré que la machinerie du protéasome (qui sert à dégrader les protéines, notamment endommagées) est impliqué dans cette remise a zéro. « Quand nous inhibons le protéasome, la remise à zéro ne se fait plus ou se fait mal. Ceci montre qu'au moment de la reproduction, nous « nettoyons » les protéines de nos cellules afin de les rajeunir pour faire des bébés jeunes et frais... » explique Hugo Aguilaniu. Cette étude ouvre la porte à plusieurs questions biologiques fascinantes : que doit-on hériter de ses parents ? Et, au contraire, que ne doit-on pas hériter de ses parents ? Comment arrivons nous, à chaque fois que nous nous reproduisons, à réduire l'incidence des maladies du vieillissement (cancer, neuro-dégéneration, etc...). Ensuite en utilisant les mêmes mécanismes, Goudeau et Aguilaniu essaieront de copier la nature. (1): on dit aussi « longévifs » ; en laboratoire, on obtient,  sans aucune manipulation génétique, des individus longévifs (vers, souris etc.) en leur imposant notamment des restrictions caloriques. Carbonylated Proteins are Eliminated During Reproduction in C. elegans Jérôme Goudeau and Hugo Aguilaniu