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Journée d'études Tracés : Médias et sciences humaines. Médiatisations, collaborations, critiques

Rencontre / Débat

Vendredi 16 déc 2011

Description générale

La revue Tracés poursuit son cycle A quoi servent les sciences humaines avec une journée d'étude consacrée aux rapports entre Médias et Sciences Humaines : Médiatisations, collaborations, critiques.

Cette journée d'étude aura lieu le *16 décembre 2011* dans l'Amphithéâtre Descartes de l'ENS de Lyon

Programme :

9h30 Accueil des participants

9h45 Introduction (Samuel Hayat et Anton Perdoncin)

10h-12h Table-ronde 1 : Editer et diffuser des sciences humaines

1/ Hugues Jallon, directeur éditorial des sciences humaines et documents aux éditions du Seuil

2/ Marin Dacos, fondateur de Revues.org, directeur du CLEO (Centre pour l'édition électronique ouverte)

3/ Marianne Pernoo, adjointe chargée de la valorisation des collections et de la recherche à la Bibliothèque Interuniversitaire Denis Diderot, Lyon

13h30-15h30 Table-ronde 2 : Médiatiser les sciences humaines

Modératrice : Frédérique Giraud, doctorante, ENS de Lyon, Centre Max Weber

1/ Séverine Liatard, émission « La Fabrique de l'histoire », France Culture

2/ Jean-François Dortier, rédacteur en chef du magazine Sciences humaines

15h45-17h45 Table-ronde 3 : Collaborations et passerelles

Modératrice : Julie Debaveye, doctorante, ENS de Lyon, laboratoire Triangle

1/ Marwan Mohammed et Benoît Grimont, sociologue (Centre Maurice Halbwachs) et réalisateur, auteurs du documentaire « La tentation de l'émeute »

2/ Michael Prazan, historien et réalisateur (notamment « Einsatzgruppen, les commandos de la mort »)

3/ Cyril Lemieux, sociologue (Groupe de sociologie politique et morale)

18h-19h30 Conférence-débat de clôture - Érik Neveu

Discutant : Boris Gobille, maître de conférences à l'ENS de Lyon, membre du laboratoire Triangle

Érik Neveu (sociologue, professeur de sciences politiques à l'IEP de Rennes, membre du Centre de recherches sur l'action publique en Europe, CRAP) interviendra sur les formes d'hybridation entre journalisme et enquête en sciences humaines

Contact : anton.perdoncin@gmail.com

Argumentaire

Cette journée d'études s'inscrit dans le cadre d'un cycle organisé par la revue Tracés sur le thème « À quoi servent les sciences humaines ». Un titre formulé sans point d'interrogation, parce que plutôt que reconduire le questionnement abstrait sur une utilité - ou non - des sciences humaines, nous nous employons à décrire les usages qui sont faits des savoirs produits par les sciences humaines, à comprendre les modalités de leur transfert et de leur éventuelle traduction, à identifier les publics et leurs recompositions, à expliciter les visions des sciences humaines qu'ont leurs utilisateurs. À travers des récits d'expériences et des retours réflexifs sur des pratiques, ce cycle ambitionne de rassembler chercheurs et acteurs non-universitaires autour d'une interrogation commune sur l'utilité des sciences humaines.

Les journées précédentes du cycle portant sur les rapports entre les sciences humaines et le politique, le judiciaire, les associations, les syndicats, les organisations internationales, les artistes, l'école ou encore l'entreprise ou encore les médias ont donné lieu à une publication sous la forme de hors-séries de la revue Tracés en 2009, 2010 et 2011 (à paraître ; consulter les numéros sur http://traces.revues.org).

Plus spécifiquement, cette journée se donne pour objet de questionner les rapports entre médias et sciences humaines. L'enjeu et ici moins d'envisager les diverses manières dont les sciences humaines analysent les médias que de cerner les modalités de la médiatisation des sciences humaines et de la réappropriation par les acteurs des mondes médiatiques du savoir produit par les sciences humaines, ainsi que les types de collaboration qui peuvent exister entre acteurs des mondes médiatiques et universitaires. Il ne s'agira ainsi pas de rejouer la ritournelle de l'intérêt « en soi » des sciences humaines et de leur diffusion pour la « culture générale » ou même « l'esprit critique », mais bien plutôt, d'une part, de situer les rapports entre médias et sciences humaines dans des contraintes de production, économiques notamment, et dans les enjeux politiques et idéologiques qui traversent les champs scientifique, médiatique et de l'édition, et d'autre part, de les spécifier par la description de collaborations et/ou de rapports critiques entre journalistes et chercheurs. Il ne s'agira bien évidemment pas non plus de rejouer l'opposition entre journalisme nécessairement superficiel et soumis à des parasitages politiques et idéologiques d'une part et objectivité de sciences humaines d'autre part ; opposition qui n'est pas sans rappeler une autre disjonction que nous souhaitons mettre à distance entre vulgarisation (nécessairement inexacte, dégradante... vulgaire) et rigueur de l'ouvrage scientifique.