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Écrire le genre de la lutte au Mali - Débat Projection

Date
jeu 29 sep 2022
Horaires

18h30-22h

Intervenant(s)
  • Ophélie Rillon, historienne au CNRS, membre de l’Institut des mondes africains (IMAF), Campus Condorcet.
  • Michelle Zancarini Fournel, professeure émérite à l’université Claude Bernard-Lyon-I, spécialiste en histoire contemporaine, a consacré ses recherches à l'histoire des milieux populaires ;
  • Élise Domenach, maîtresse de conférences, HDR en études cinématographiques, École normale supérieure Lyon
  • Animé par Vanina Mozziconacci, philosophe, co-dirige avec Claude Gauthier la collection perspectives genre.
  • Présence exceptionnelle de Robert Guédiguian
Organisateur(s)
Langue(s) des interventions

Description générale

À l'occasion de la parution de l'ouvrage d'Ophélie Rillon, Le genre de la lutte. Une autre histoire du Mali contemporain (1956-1991) (ENS Éditions, 2022), préfacé par Michelle Zancarini-Fournel, et à l'occasion de la célébration de l'indépendance du pays le 22 septembre 1960, ENS Éditions propose une soirée entre recherche et fiction au Théâtre Kantor :

Écrire le genre de la lutte au Mali : histoire(s), fictions & frictions
Une rencontre-débat suivie de la projection du film Twist à Bamako de Robert Guédiguian``

De la décolonisation en 1960 à la révolution de mars 1991, quatre décennies de luttes sociales et politiques ont façonné l'histoire non consensuelle du Mali. L'ouvrage d'Ophélie Rillon en raconte une histoire mixte, celle des combats multiples menés par les femmes et les hommes de ce pays qui, en dépit de la répression, se sont révoltés, insurgés et mobilisés contre l'ordre établi. Le récit proposé ici se situe aux antipodes des représentations jusqu'ici véhiculées sur ce pays africain confronté à une crise profonde depuis 2012. Situé à la croisée de l'histoire du genre et de la sociologie des mouvements sociaux, cet ouvrage propose une analyse inédite des dynamiques sexuées qui imprègnent les formes de l'action collective et de la manière dont l'engagement contribue à modifier les rapports de genre dans le Mali contemporain.

« À l’heure où le Mali est connu en France par l’opération Barkhane de l’armée française face aux djihadistes au Sahel et par la potentielle arrivée de mercenaires russes pour remplacer des soldats français sur le départ, le livre d’Ophélie Rillon a le grand mérite de nous rappeler que le Mali contemporain a une histoire, que le pays a été colonisé par la France, qu’il a conquis son indépendance et construit un nouveau régime dans lequel les hommes et les femmes occupent des places spécifiques. [. ] précieux en raison du croisement, peu courant dans le champ des études africaines, des problématiques de l’histoire des femmes et de l’histoire du genre, avec celles de la sociologie du militantisme et des mobilisations collectives. Il est intéressant parce qu’il décloisonne une histoire internaliste de l’Afrique subsaharienne francophone, parfois repliée sur elle-même. [. ] Une nouvelle historicité est ainsi déployée qui sans doute fera date.»  Michelle Zancarini-Fournel


18H30 RENCONTRE-DÉBAT :

Animé par Vanina Mozziconacci, philosophe. Elle enseigne les sciences de l’éducation à l’université Paul Valéry Montpellier 3. Ses travaux portent sur les théories
féministes de l’éducation et les apports des épistémologies du positionnement en philosophie.. Elle a précédemment codirigé « Epistémologies du genre. Croisements des disciplines, intersections des rapports de domination » (ENS Éditions, 2019). Elle co-dirige avec Claude Gauthier la collection perspectives genre

AVEC : 

Ophélie Rillon, historienne de formation, Ophélie Rillon a soutenu une thèse à l’Université Paris 1 « Féminités et masculinités à l’épreuve de la contestation. Le genre des luttes sociales et politiques au Mali » en 2013. Chargée de recherche au CNRS depuis 2015, elle a élargi ses recherches au Burkina-Faso dans le cadre de l’ANR Syndicaf. Ses travaux portent sur l’étude du politique et du militantisme en Afrique de l’Ouest au XXème siècle, appréhendés sous l’angle du genre, des trajectoires biographiques, des relations familiales et de l’intime. Historienne au CNRS, Ophélie Rillon est membre de l’Institut des mondes africains (IMAF), Campus Condorcet.

Michelle Zancarini Fournel, professeure émérite à l’université Claude Bernard-Lyon-I, spécialiste en histoire contemporaine, a consacré ses recherches à l'histoire des milieux populaires. Elle est notamment l'auteure de L’Histoire des femmes en France XIXe-XXe siècle (PUR, 2005) et a codirigé, avec Philippe Artières, 68, une histoire collective (1962-1981) (La Découverte, 2008). Elle a également publié Les Luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1965 à nos jours (Zones / La Découverte, 2016), et plus récemment De la défense des savoirs critiques avec Claude Gautier (La Découverte, 2022) ; 

Élise Domenach, Maîtresse de conférences, HDR en études cinématographiques, École normale supérieure Lyon. Elle a récemment dirigé L’écran de nos pensées. Stanley Cavell, la philosophie et le cinéma (ENS Éditions, 2021). Elle est également l’autrice de Le paradigme Fukushima au cinéma. Ce que voir veut dire (2011-2013), à paraître chez Mimesis.

et en la présence exceptionnelle de Robert Guédiguian, réalisateur du film Twist à Bamako

Fils de docker, Robert Guédiguian grandit dans le quartier populaire de l'Estaque, à Marseille. S'intéressant très tôt aux questions politiques, il entame des études de sociologie à la faculté d'Aix-en-Provence où il rencontre sa future compagne, Ariane Ascaride, qu'il suit à Paris lorsqu'elle s'inscrit au Conservatoire. Auteur d'une thèse sur la perception de l'Etat dans le milieu ouvrier, il est bientôt contacté par René Féret pour coécrire une adaptation de Berlin Alexanderplatz. Le projet n'aboutira pas, mais Guédiguian collaborera avec le cinéaste sur le scénario de Fernand, en 1980.

Déçu par la politique, Robert Guédiguian trouve dans le cinéma une nouvelle manière de s'engager. Il signe en 1980 son premier long métrage, le désabusé Dernier été, présenté en section parallèle à Cannes, avec au générique Ariane Ascaride et Gérard Meylan, comédiens qui joueront dans la plupart de ses films, formant la "famille Guédiguian" - qui comptera aussi bientôt Jean-Pierre Darroussin. Se qualifiant lui-même de "cinéaste de quartier", il tourne ensuite plusieurs films confidentiels, dont Rouge midi (1985), portrait de plusieurs générations d'immigrés italiens. Il sort de l'ombre en 1995 grâce à A la vie, à la mort !, un hymne à la solidarité salué par la critique, avant que le grand public ne le découvre à son tour avec l'optimiste Marius et Jeannette, romance en milieu ouvrier qui vaut à Ascaride le César de la Meilleure actrice en 1998. 

Tout en restant fidèle à la cité phocéenne, Robert Guédiguian s'essaie à différents genres, du film noir (A la place du coeur) à la fable (Mon père est ingénieur). Loin du cliché de la bonne humeur méridionale, le cinéaste tourne en 2000 une ambitieuse œuvre chorale, La Ville est Tranquille, constat désespéré sur la misère sociale et la fin des utopies. Héritier du cinéma populaire des années 30 à 50 - il signe d'ailleurs avec A l'attaque ! une variation autour de La Fête à Henriette de Duvivier, Guédiguian est l'auteur en 2002 d'un vibrant mélodrame, Marie-Jo et ses deux amours, présenté en compétition au Festival de Cannes.

En 2004, celui qui a longtemps eu sa carte au Parti Communiste abandonne le petit théâtre de l'Estaque pour se consacrer au Promeneur du Champ de Mars, évocation pudique et dépassionnée des derniers jours de la vie de François Mitterrand, avant d'accomplir un Voyage en Arménie en forme de quête des origines (2007). Après un retour à Marseille avec le polar Lady Jane (2008), il revient sur le réseau Manouchian dans l'ambitieux L'Armée du crime, présenté à Cannes en 2009. Infatigable militant, il revient dans la Cité phocéenne deux ans plus tard, plus précisément dans son quartier d'enfance, l'Estaque, et y tourne Les Neiges du Kilimandjaro, drame social populaire dans lequel il redirige ses deux acteurs fétiches Jean-Pierre Darroussin et Ariane Ascaride.

Puis, le cinéaste de l'Estaque s'amarre à un autre registre avec Au fil d'Ariane, un conte fantaisiste et loufoque, tourné à Marseille avec sa bande de comédiens fidèles, avant de réaliser Gloria Mundi en 2019.


20H PROJECTION DU FILM TWIST A BAMAKO

1962. Le Mali goûte son indépendance fraîchement acquise et la jeunesse de Bamako danse des nuits entières sur le twist venu de France et d'Amérique. Samba, le fils d'un riche commerçant, vit corps et âme l'idéal révolutionnaire : il parcourt le pays pour expliquer aux paysans les vertus du socialisme. C'est là, en pays bambara, que surgit Lara, une jeune fille mariée de force, dont la beauté et la détermination bouleversent Samba. Samba et Lara savent leur amour menacé. Mais ils espèrent que, pour eux comme pour le Mali, le ciel s'éclaircira...

Gratuit
Inscription

Entrée libre.
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