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La question de la religion chez al-Fārābī (m. 338-339/950-951): nature et fonction du religieux dans la Cité

Soutenance de thèse

Vendredi 09 déc 2016
14 h 00
Yosra GARMI (Laboratoire ICAR)

Intervenant(s)

Yosra GARMI (Laboratoire ICAR)

Description générale

Durant une période de grande instabilité en terre d’islam, Abū Naṣr al-Fārābī, philosophe d’expression arabe qui mourut au début de la seconde partie du Xe siècle, développa une théorie politique à mi-chemin entre la philosophie et la religion. Inspirée de la philosophie politique de Platon, qui conçut un modèle de cité idéale dans ses œuvres politiques majeures (La République, Le Timée, Les Lois) et de la société musulmane classique pour laquelle le premier gouvernant ou calife est un leader politique et religieux, cette théorie suppose l’élaboration d’une cité nouvelle adaptée à la culture musulmane nommée « la cité vertueuse » (al-madīna al-fāḍila). En son enceinte, la philosophie est considérée comme un art royal et sa pratique est réservée au premier chef ou gouvernant. Il en est de même pour la religion, qui la seconde et est considérée comme « vertueuse » (al-milla al-fāḍila) au moment où elle constitue un moyen à partir duquel le chef de la cité procède à l’instruction de ses concitoyens et leur permet d’accéder à l’obtention du bonheur en cette vie et dans une autre vie, située après la mort.

Notre recherche vise ainsi à exposer les relations entre la religion et la philosophie au sein de la cité idéale conçue par Fārābī et dans ses modèles opposés (les cités vicieuses, corrompues et égarées et les religions qui leur sont apparentées). Visant plus spécifiquement la détermination de la nature et de la fonction du religieux dans la Cité, notre étude se décline en trois aspects.

Le premier porte sur la biographie de Fārābī et son rapport à la religion. Le deuxième est consacré à l’examen d’un aspect de son œuvre conservée (corpus), à partir duquel nous avons tenté de révéler la nature et la fonction du religieux dans « la Cité », celle-ci étant entendue comme la version la plus idéalisée de son modèle de cité vertueuse qui fait l’objet de formes variées (petite, moyenne, grande assemblée humaine). Quant au dernier aspect de notre recherche, il s’intéresse à la réception de la théorie philosophico-religieuse du faylasūf dans l’œuvre de ses premiers successeurs et disciples en philosophie parmi les cercles musulman, juif et chrétien d’expression arabe (Avicenne, Maïmonide, Yaḥyā Ibn ‘Adī).

Complément

ENS de Lyon - Site Descartes - Salle F008