Agenda de l'ENS de Lyon

The manifestation of context / La manifestation du contexte

Date
ven 15 juin 2018
Horaires

14h

Lieu(x)

D2.034

Langue(s) des interventions

Description générale

Résumé

Le but de cette dissertation est de développer une théorie manifestationaliste du contexte. Cet objectif sera atteint en deux étapes. Premièrement, nous essaierons de spécifier le rôle explicatif du contexte dans l'interprétation de l'énoncé en développant une notion de « force du contexte » et un modèle de « contribution contextuelle ». Deuxièmement, nous allons essayer de montrer comment la force du contexte peut être rendue manifeste par les connecteurs du discours.
La thèse comprend deux parties. La première partie est composée de trois chapitres. Le premier chapitre établit principalement un cadre conceptuel dérivé d'une analyse des entrées de dictionnaire pour le contexte afin de capturer notre notion intuitive de contexte. Il y a quatre composantes conceptuelles, « situation », « texte (quelque chose de parlé ou d'écrit) », « connexion », « signification », qui sont indispensables à la compréhension de la notion. La connectivité du contexte, enracinée dans la notion de « connexion », est la base conceptuelle de la notion de « force contextuelle ». Le deuxième chapitre est consacré aux spécifications de certaines conceptions et distinctions fondamentales : la définition du « discours », la distinction entre « phrase » et « énoncé », et la notion de « signification du locuteur » de Paul Grice. Le troisième chapitre est une critique détaillée de deux grandes théories du contexte. La première théorie, adaptée aux indexicaux, commence avec le travail pionnier d'Arthur W. Burks et de Yehoshua Bar-Hillel sur la signification indexicale et aboutit à l'approche bien développée du contexte dans la théorie des indexicaux de Kaplan. La seconde, grâce à Robert Stalnaker, prend le contexte comme le savoir couramment présupposé entre interlocuteurs dans une conversation, ou selon les propres termes de Stalnaker, « terrain d'entente ».


    La deuxième partie comprend deux chapitres. Dans le premier chapitre, nous clarifions d'abord la différence entre les approches de Kaplanian et de Stalnakerian et les nôtres : les premiers fondent leurs théories sur le concept intuitif de « contexte-comme-situation », à savoir que le contexte est une situation où un explanandum a lieu ; les nôtres ont l'intention de fonder une théorie du contexte sur le concept intuitif de « contexte-en-utilisation ». Grâce au concept de « contexte-en-utilisation », nous sommes donc intéressés par :
∂. La force (pas le contenu) du contexte
           ß. La manifestation (pas la représentation) du contexte
    En ce qui concerne « la force du contexte », nous affirmerons qu'une spécification théorique de « la force du contexte » est la spécification de la  « contribution contextuelle à une tâche explicative donnée », et la question principale est de savoir comment une information contextuelle est utilisée pour une tâche explicative donnée. Nous soutenons (1) que la force du contexte est une sorte de « force de liaison ». Notre pratique ou l'utilisation d'information contextuelle pour un but explicatif donné conduit à un lien entre cette information contextuelle et d'autres informations contextuelles tirées du contexte pour accomplir la tâche explicative en question. Et (2) « l’efficacité » de l'information contextuelle réside dans sa localisation sur la chaîne des éléments contextuels connectés : plus elle est proche de la fin de la chaîne, plus elle est efficace et vice versa. Ensuite, nous proposerons un modèle de « contribution contextuelle » basé sur la notion de « force de liaison » et d’« efficacité ».
    Le deuxième chapitre concerne la manifestation du contexte. Nous allons d'abord rendre compte des notions de manifestation dans les théories du sens, aboutissant à la proposition de Brandom que la locution logique "si ... alors" rend explicite l'inférence qui est identifiée comme le sens d'une phrase. Ensuite, en introduisant les approches de Fraser, Schiffrin et Blakemore sur les connecteurs discursifs, nous reconnaissons la connectivité des connecteurs discursifs et, à partir des trois récits de cette connectivité, caractérisons un type particulier de connectivité des connecteurs discursifs qui peut rendre manifeste la force de liaison.

Abstract

       The aim of this dissertation is to develop a manifestationalist theory of context. This aim will be achieved by two steps. First, we will try to give a new specification of the explanatory role of context in utterance interpretation by developing a notion of “the force of context” and a model of “contextual contribution”. Second, we will try to how the force of context can be made manifest by discourse connectives.
The dissertation includes two parts. The first part is comprised of three chapters. The first chapter mainly establishes a conceptual framework derived from an analysis of dictionary entries for context to capture our intuitive notion of context. There are four conceptual components, “situation”, “text (something spoken or written)”, “connection”, “meaning”, which are indispensable for an understanding of the notion. The connectedness of context, rooted in the very notion of “connection”, is the conceptual basis of the notion of “context force”. The second chapter is dedicated to specifications of some related fundamental conceptions and distinctions: the definition of “discourse”, the distinction between “sentence” and “utterance”, and the Gricean notion of “speaker meaning”. The third chapter is a detailed review of two major theories of context. The first, tailoring context to indexicals, begins with the pioneering work of Arthur W. Burks and Yehoshua Bar-Hillel on indexical meaning and culminates in the well-developed approach to context in Kaplan’s theory of indexicals. The second, due to Robert Stalnaker, takes context as the knowledge commonly presupposed between interlocutors in a conversation, or in Stalnaker’s own terms, “common ground”. 
    The second part includes two chapter. In the first chapter, we primarily clarify the difference between Kaplanian and Stalnakerian’s approaches and ours: the former base their theories on the intuitive concept of context-as-situation, namely that the context is a situation where some explanandum takes place; the latter intends to base a theory of context on the intuitive concept of context-in-use. Stemming from the concept of context-in-use, we are thus interested in:
           ∂. The force (not the content) of context
           ß. The manifestation (not the representation) of context
Regarding “the force of context”, we will argue that a theoretical specification of “the force of context” is the specification of “contextual contribution to a given explanatory task”, and the main question is how a piece of contextual information is used in a given explanatory task. We argue (1) that context force is a kind of “connecting force”. Our practice or use of a piece of contextual information for a given explanatory goal leads to connection between this piece of contextual information and other piece(s) of contextual information taken from the context in order to fulfill the explanatory task in question. And (2) the “efficiency” of the piece of contextual information lies in its location on the chain of connected contextual elements: the nearer it is to the end of the chain, the more efficient it is, and vice versa. Then, we will offer a model of “contextual contribution” based on the notion of “connecting force” and “efficiency”. 
       The second chapter is concerned with the manifestation of context. We will first account for the notions of manifestation in the theories of meaning, culminating in Brandom’s proposal that the logical locution “if … then” makes explicit the inference which is identified as the meaning of a sentence. Then, by introducing Fraser’s, Schiffrin’s, and Blakemore’s approaches to discourse connectives, the connectivity of discourse connectives is recognized, and based on the three accounts of such connectivity, we further characterize a particular kind of connectivity of the discourse connectives which can meet the requirement of making the connecting force manifest.

Gratuit
Mots clés