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Expositions

Hall d'accueil

Présentation générale
Du 21 novembre 2015 au 7 février 2016


Regards croisés sur les dix dernières années d’acquisitions du Frac et le partenariat engagé entre l’École nationale supérieure de la photographie, Arles et l’École normale supérieure de Lyon.


Cette exposition, qui se développe sur quatre plateaux, est le fruit d’un commissariat collégial regroupant quatre anciens étudiants de l’École nationale supérieure de la photographie, de l’École normale supérieure de Lyon – Ariane Carmignac, Gilles Pourtier, Marie Quéau, Vincent Zonca – ainsi que Muriel Toulemonde, Marie Frétigny-Ryczek, Paul Pouvreau, Juliette Vignon, David Gauthier, Eric Dayre, Ronan Le Régent, Fabienne Clérin et Pascal Neveux.
Élaborée comme un work in progress au gré des séances de travail et des nombreux échanges et réflexions partagés durant l’année 2015, l’exposition revêt un caractère pluriel. Ce commissariat collectif a ainsi constitué un ensemble d’œuvres à partir des acquisitions du FRAC sur la période 2005-2015 (Plateaux 1 et Multimédia) et choisi de présenter sous l’intitulé « Why », les travaux réalisés par les huit binômes d’étudiants des deux écoles sur le parcours 2013-2015 (Plateau 2).
S’inscrivant dans la postérité de l’exposition Duels présentée au Frac en 2007, Histoires parallèles revient ainsi sur dix années de partenariat, sans nostalgie ni mélancolie, mais avec l’ambition de dresser le portrait d’une aventure collective qui, durant dix ans, a conduit les étudiants de l’Ensp et de l’Ens de Lyon à entretenir un dialogue fécond sur la relation texte/image. Les archives présentées au Centre de documentation témoignent d’ailleurs de la richesse de ces échanges et de la diversité des approches plastiques et textuelles.

Histoires parallèles, c’est aussi, en forme de manifeste, la nécessité politique et artistique de réaffirmer une pédagogie de l’expérimentation et du métissage où artistes et chercheurs collaborent et donnent à voir leurs productions au sein d’une institution dédiée à la création contemporaine.

Fruit d’une collaboration originale et inédite entre deux écoles nationales et le Frac Provence-Alpes Côte d’Azur, cette exposition résonne comme l'élaboration puis l'aboutissement d'un travail mêlant écriture et photographie, tout en remettant aussi en question les pratiques et les rôles assignés. C’est enfin la possibilité de découvrir des œuvres qui nous livrent une vision de notre monde contemporain sans réserve et compromis, comme autant d’histoires parallèles dont on ne saurait ignorer le sens.

Le Fonds régional d’art contemporain est financé par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le ministère de la Culture et de la communication / Direction régionale des affaires culturelles Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il est membre de PLATFORM, regroupement des Fonds régionaux d’art contemporain et membre fondateur du réseau Marseille Expos.

Le Parcours Formation Recherche Ensp/Ens Lyon bénéficie du soutien des Régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, du ministère de la culture et de la communication, du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Plateau 1

Sélection d'oeuvres de la collection des dix dernières années d'acquisition du FRAC PACA

Scoli Acosta, Davide Balula, Yto Barrada, Neal Beggs, Denis Castellas, Marc Chevalier, Jordi Colomer, Seamus Farrell, Anne-Valérie Gasc, Bernadette Genée & Alain Le Borgne, Bahman Jalali, Florence Petetin, Enrique Ramirez, Emmanuel Régent, Evariste Richer, Cristof Yvoré

Partant des dix dernières années d'acquisitions du Frac, cette sélection d'œuvres pourrait être le portrait d'une époque, d'une décennie à peine écoulée. Elle montre surtout des itinéraires singuliers et des histoires encore en cours d'écriture. Plus qu'un regard rétrospectif, il s'agit ici d'une conversation inédite entre des œuvres révélant, de nouveau, leur caractère prospectif.

On trouve un recyclage fragmentaire du quotidien, dans la spirale de portières de Farrell, comme un Land art des ferrailleurs, dans les sérigraphies à la poussière de béton de Gasc, ou dans les spéculations feutrées de Régent, sur les ruines. Il aura fallu ruser avec la mélancolie pour inventer, dans le sombre même, une forme de joie possible.

Ouvrir l'horizon ! De la parade dérisoire de Colomer, qui va tambour battant en pleine ville endormie, aux toiles scotchées de Chevalier, des empreintes de parquet brûlé de Balula et de la quadrichromie minérale de Richer au faux paradis perdu, peint en tapisserie de jungle, de Petetin, les œuvres de ces dix-sept artistes contemporains ne sont pas de simples parodies d'un quelconque modèle idéal. C'est dans l'art du décalage, dans l'infime remodelage de l'expérience quotidienne que s'exprime une force d’affirmation, ou des formes, discrètes, d’extases.

« No ? Future ! » Ces œuvres seraient alors à comprendre comme autant de récits en progrès, des indications de pistes vers lesquelles, assurément, il faudrait continuer à avancer « pendant qu'il fait encore jour ».

L’exposition se poursuit au Plateau 2 avec la présentation de WHY, au Plateau multimédia avec l’œuvre d’Enrique Ramirez, et au Centre de documentation avec les archives des parcours Formation Recherche 2005-2015, l’œuvre de Neal Beggs, la Bibliothèque éphémère et des ressources documentaires autour de l’exposition.

Plateau 2

WHY (Parcours Formation Recherche 2013-2015)

WHY ? La question est celle d’un enfant impérieux qui ne vous lâchera pas tant que vous n’avez pas satisfait sa curiosité. Cette urgence de savoir, de comprendre, se manifeste dans tous les travaux réunis ici, qui sont comme autant d’interrogations lancées face au monde. Pourquoi, alors, montrer Why au Frac ?

Parce que, si le parcours Écriture et photographie a dix ans, chaque étape présente une expérience nouvelle, inédite, dans laquelle les rapports entre ces deux pratiques sont renégociés. Au long d'un travail de deux ans, des binômes ou des trinômes formés d'élèves de l'École normale supérieure de Lyon et de l'École nationale supérieure de la photographie doivent produire ensemble un objet hybridant le texte et la photographie. Phrases, mots ou lettres, images animées ou non doivent trouver une façon de cohabiter au sein d'une même proposition et il n'est pas question de reprendre les solutions précédentes sans les tordre pour les réinventer.

Parce que, pour parvenir à cette exposition, il a fallu que s’accordent huit fois deux personnalités, avec chacune ses horizons et sa façon de travailler spécifique. Loin de l’image de l’artiste affrontant, solitaire, les affres de la création, ces travaux sont le résultat d'approches élaborées patiemment de 2013 à 2015, par apprivoisements réciproques, approches questionnantes : pourquoi photographies-tu ça, pourquoi écris-tu comme ça... Le Y de WHY, avec sa forme de bâton de sourcier, rappelle qu’il y a de la magie sous la formule galvaudée, commerciale, du « 2 en 1 ».

Parce que le mot WHY est à la fois une interrogation et la prononciation de la lettre Y en langue anglaise, puisque les binômes se sont formés au hasard des affinités lors d'un voyage à Londres. Sur les traces de Fox Talbot, des interrogations aussi anciennes que la photographie ont été soulevées par des jeunes gens nourris de questionnements contemporains.

Parce que, enfin, l'exposition au Frac propose aux binômes un troisième territoire, qui n'est aucune des deux écoles et qui n'est d'ailleurs surtout pas une école, parce qu'elle offre la possibilité de nouveaux regards.

photographies du FRAC PACA : voir le site

plateau multimédia

installation Enrique Ramirez, Océan 33°02'47"S / 52°04'00"N

Océan 33°02'47"S / 52°04'00"N retrace la traversée jusqu'à Dunkerque du Pacific Breeze, un porte-conteneurs de la compagnie Seatrade, parti de Valparaiso le 14 mars 2013.
A son bord, l'artiste a installé une caméra fixe qui filme, en un seul plan, ce que l'on voit du bateau pendant tout le voyage.

Voir le site

Centre de documentation

Archives de la décennie 2005-2015 du Parcours Formation Recherche ENSP Arles / ENS de Lyon

Sont présentés ici quelques documents et archives extraits des six Parcours réalisés entre 2005-2015 et une œuvre du Frac, les carnets de Neal Beggs (Unité d'habitation), écho à une décennie de création. Qu'elles figurent dans la sélection des dix dernières années d'acquisition du Frac, dans Why, ou dans les archives du parcours Formation Recherche, elles sont autant d'histoires parallèles passées, présentes et à venir.

Le Parcours Formation Recherche « Écriture et photographie », initié en 2005 entre l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP, Arles) et l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Lyon, met en lumière les apports réciproques entre création et sciences humaines. Il associe trois entités de l’ENS à l’ENSP, un laboratoire de recherches interdisciplinaires, le Centre d'Etudes et de Recherches Comparées sur la Création (CERCC), les enseignements artistiques - Histoire des arts, et la Mission Images, qui assurent l’initiative et le pilotage des activités.

Les élèves de l’ENS qui participent au projet sont sélectionnés dans toutes les disciplines (philosophie, lettres modernes, histoire, chimie, etc.), toutes années confondues. Ils bénéficient d’une formation à l’exercice du regard et d’une réflexion sur l’écriture avec/pour/contre/autour/sur la photographie et la vidéo. Ils sont ainsi préparés à rencontrer les élèves-photographes sélectionnés par l’ENSP. L'horizon de la collaboration est celui de la plus grande ouverture possible des dialogues et des échanges, afin de construire une partition commune sur deux années (une pour le livre, deux pour l’exposition).

De la complexité d’une telle rencontre entre deux institutions, entre deux modes de pensée, entre des manières de faire différentes, entre des « écrivants » et des photographes de la même génération, naissent des alchimies singulières, accompagnées de frottements et d'interrogations inévitables qui suscitent l’hybridation et l’expérimentation d’objets spécifiques.

Les années académiques 2005-2007 ont permis la création de Duels, présenté au Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2007 ; les années 2006-2008, 282 km(x 2) à la nouvelle galerie de la bibliothèque municipale Part-Dieu (à Lyon) ; les années 2008-2010, Trafic à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC - abbaye d’Ardennes, près de Caen) ; à distances au Centre Photographique d'Ile-de-France en 2012 ; Co/opérateurs à l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette en 2013 et en 2015, et maintenant Why au Frac.

La présentation de 282 km (x 2) par le musée de l’Élysée à Lausanne et de Trafic à la Galerie 35 par l’Institut français à Prague fut un moment de reconnaissance internationale décisive de ce projet expérimental qui mettait et continue à mettre en œuvre une pédagogie inédite et évolutive – la recherche par la création– et inversement.




Bibliothèque éphémère

Les « bibliothèques éphémères », constituées par les artistes eux-mêmes ou les commissaires d’exposition, accompagnent la programmation et proposent des documents à la consultation du public lors des expositions au Frac. Elles sont pensées comme des prolongements d’exposition en invitant le public à découvrir l’exposition sous un autre angle.
On retrouve ici une proposition subjective  de lectures et de regards sur les dix ans du Parcours Formation Recherche « Écriture et photographie », de l’École normale supérieure de Lyon et de l’École nationale supérieure de la photographie .

La bibliothèque éphémère d’Histoires Parallèles

Dialogue entre David Gauthier et Pascal Jourdana autour d’un choix d’ouvrages présentés conjointement à l’exposition et lecture de Jean-Marie GleizeSamedi 16 janvier à 17h

[…] La diversité et la richesse des dispositifs expérimentés en une décennie de Parcours Formation Recherche « Écriture et photographie » résonnent dans les ouvrages cités sans aucune exhaustivité, rangés sur les étagères de cette bibliothèque qui ne possède que le qualificatif d’éphémère. […] Autant de dialogues entre l’expérimentation de dix ans de Parcours entre l’ENSP et l’ENS de Lyon et une décennie de création témoignent de la contemporanéité de cette formation originale menée par les deux écoles. La littérature, la poésie, les mots inspirent, influencent, créent les images et vice-versa. Et comme l’écrivait Denis Roche, « la montée des circonstances » (La Disparition des lucioles : Réflexions sur l'acte photographique,1982) des mots et des images peut aboutir à l’étincelle, au déclic, au décloisonnement, et à ce qui peut être appelé hybridation. David Gauthier

David Gauthier est responsable des Affaires culturelles de l’École normale Supérieure de Lyon depuis 1999. Il est également Chargé de mission Images et, à ce titre, il mène une réflexion sur les relations que peuvent entretenir l’image et l’écriture aussi bien dans la programmation de la galerie « La Librairie », symbolisée notamment, par l’exposition de Denis Roche, Je photographie, donc j’écris, que dans les commissariats collectifs résultant du Parcours ~Formation Recherche « Écriture et photographie », initié depuis 2005 entre l’École nationale supérieure de la Photographie et l’ENS de Lyon, et des publications telles que Lettres à une galeriste de Stanislas Amand (Images en manoeuvre/ENS) et Les Légumes verts d’Aurélie Pétrel et Philippe Adam (Bleu du ciel). De 2012 à 2014, il a porté le projet « Les mots de l’image » de Jean-Louis Fabiani et Bernard Plossu, pour une exposition et un livre, (Yellow Now/ ENS). Il est également commissaire indépendant et critique d’art, membre de jury tel que celui de Voies Off, et intervenant notamment à l’Institut Français de l’Éducation et à l’Unesco. Il a organisé en 2008 les Rencontres de Lyon – septembre de la photographie en proposant une carte blanche sur « Identité(s) » à l’ENSP, l’ENBA Lyon et l’ENS et en 2010 A new American photographic dream. Il anime et organise les grandes rencontres de la Mission images : James Nachtwey, Martin Parr, Arno Gisinger, William Klein, Rajak Ohanian, Shadi Ghadirian... et depuis deux ans le cycle « Préférence Photographie » sur Lyon. L’arbre est son meilleur ami. En 2012, il est co-auteur de l’ouvrage Le Juste Jardin (préface de Gilles Clément) et le commissaire invité de l’exposition Devenir arbre en 2014, pour célébrer les dix ans de la galerie Françoise Besson. Le jardin est sa seconde nature : « Tout ce qui est à fleur de peau prend racine dans le jardin secret. »

Jean-Marie Gleize est écrivain; il est né à Paris, aux Tournelles, dans le quartier du Marais entre Bastille et Saint Paul.
Il est aussi Professeur émérite à l’Ecole normale supérieure de Lyon où il a dirigé le Centre d’Etudes Poétiques durant dix années (1999-2009). Il a conçu ce laboratoire comme une « communauté » de recherche et de création.
Il travaille (avec d’autres) à l’émergence d’une écriture objective.
Il s’est marié en Tunisie, a vécu à Carthage et a enseigné à l’Université de Tunis. Il a également enseigné aux États-Unis (dans la forêt du Vermont) et en Chine intérieure, à Wuhan.
Il a beaucoup tourné autour du trou de Léman, le lac. Dès qu’il en a la possibilité, il retourne en Chine, à Xi’an et à Pékin. Ou à Tarnac, qui est le village de son enfance.
Il travaille à l’exténuation et au dépassement du genre poésie. Il croit pouvoir parler de « post-poésie ». Il encourage toute initiative en ce sens. Il a longtemps documenté ses déplacements dans l’espace à l’aide du Polaroïd.
Il aime la musique arabe, le noir, la pluie. Il s’intéresse aux ordres mendiants. Il ne va pas au théâtre.
Il a fondé la revue Acid(e) avec Michel Crozatier Puis la revue Nioques dont il est toujours responsable. Il croit que l’adjectif « littéral » et l’adjectif « communiste » doivent avoir un sens. Il travaille (avec d’autres) à le chercher.
Il a publié dans de nombreuses revues dont L’in Plano, ZUK, Tartine, Axolotl ou TTC.
Il a fondé la cellule Max Stirner à Sigonce (Alpes de haute Provence), avec Michel Crozatier et Patrick Sainton (« deadly workers »).
Il dit qu’il a mangé un poisson de source et qu’il faut construire des cabanes. Il dit qu’il va vers un arbre et qu’il revient. Ou qu’il devient.
(Source : http://www.cipmarseille.com)

Dernières publications : Film à venir, Seuil, coll. Fiction & Cie, 2007 ; Sorties, Questions Théoriques 2009 ; Tarnac, un acte préparatoire, Seuil, coll. Fiction & Cie 2011 ; Tarnac, a preparatory act, translated by J.Clover, Chicago, Kenning Editions, 2014 ; Éd. Correspondance Francis Ponge/Albert Camus, Gallimard, 2014 ; Sorties (réimpression) éd. Questions théoriques, 2014 ; Les Callunes, La Sétérée, 2014 ; Le livre des cabanes, Seuil, coll. Fiction & Cie, 2015 ; Littéralité, éditions Questions théoriques, 2015


Pascal Jourdana est le directeur artistique de La Marelle, lieu de résidence d'écrivains et de rencontres publiques. À partir de la Friche la Belle de Mai à Marseille, La Marelle soutient la création littéraire et accompagne les auteurs dans leurs projets en leur offrant un espace de vie, des moyens financiers et humains. Elle édite, produit et diffuse leurs œuvres.

Plus d'informations: www.la-marelle.org/


Le document Bibliothèque éphémère



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Mise à jour le 1 juillet 2016
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