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Accueil  >  ENS de Lyon > Actualités > Tout l'agenda > Colloques & Conférences > Fabriques de la langue - 21 octobre 2010

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Fabriques de la langue


Résumés des interventions


  • Vassilis ALEXAKIS, écrivain etdessinateur grec
Le premier mot
L'auteur de « La langue maternelle » (prix Médicis 1995) a transformé son expérience de vie dans l'entre deux langues en un espace d'exploration et de création. Comme d'autres écrivains qui partagent cette même expérience, Beckett, Kundera, Nancy Huston et bien d'autres, il s'aventure dans son « ex-il de langue » et nous fait découvrir la problématique des lieux, psychiques ou collectifs, qui cherchent à exister dans et par la langue.Il en est ainsi dans « Les mots étrangers » et tout particulièrement dans son dernier roman : « Le premier mot».

 

  • Démosthene AGRAFIOTIS, poète, intermedia artiste
Equivalences ? Fabrique poétique des langues

Une performance intermedia avec des lettres, des mots, des images, des gestes, des bruits et de musique. Les interactions, l'atmosphère intermédia démontrent la dynamique entre mimétique /oral /visuel / gestuel des langues (grec, francais, anglais, italien). Après une lecture classique, D. Agrafiotisintroduit des éléments performatifs (son, bruit, musique, vidéo...) et sollicite la participation du public. La musique spécialement composée pour ses poèmes a été créée par : D. Kamarotos, M. Palaiologou, Alypio C. Neto, T. Katsaris.

 

  • Janine ALTOUNIAN, traductrice etessayiste
Traduire d'une langue à l'autre ou d'une absence de langue à ce qui s'y entend

L'auteure de L'intraduisible (2005) établit un parallèle entre la traduction linguistique et celle, effectuée dans le champ transférentiel, de ce qui ne disposait pas de mots pour se dire, car traduire c'est déplacer ce qui n'a plus la parole, de l'originel vers le transfert, et de l'original vers l'autre langue pour s'approprier CE qui « ne passe pas » lors de ce déplacement.

 

  • Michel ARRIVE, linguiste et écrivain,professeur émérite, Paris X
Peut-on parler des origines du langage ?

En 1866, la Sociétéde linguistique de Paris fait approuver ses statuts par le Ministre de l'Instruction Publique. L'article 2 de ces statuts est ainsi libellé :« La Société n'admet aucune communication concernant soit l'origine du langage, soit la création d'une langue universelle ». Le problème de l'origine du langage a donné lieu, depuis la nuit des temps, à d'innombrables réflexions, qui ont pris les formes les plus diverses. L'interdiction formulée par une Société présentant toutes les apparences de la compétence dans son domaine a quelquechose d'insolite : il n'est pas si fréquent de voir interdire l'examen d'un problème. En même temps qu'insolite l'interdiction est symptomatique : on en trouve un équivalent approché chez de nombreux linguistes sous la forme du refus de poser le problème. Saussure n'est pas le premier, mais est sans doute l'un des plus explicites : « ORIGINE DU LANGAGE : Inanité de la question pour qui prend une juste idée de ce qu'est un système sémiologique et de ses conditions de vie avant de considérer ses conditions de genèse. Il n'y a aucun moment où la genèse diffère caractéristiquement de la vie du langage, et l'essentiel est d'avoir compris la vie » (ELG, p. 228 ; voir aussi p. 47 et p.159).

On s'interrogera sur les sens que peuvent prendre cette interdiction et ce refus du problème des origines. Et, inversement, sur les sens que prend la propension à lui donner une importance fondamentale. On repère cette propension chez Freud : il suffit de penser à la persistance du rôle qu'il affecte à la théorie de l'origine sexuelle du langage (Hans Sperber) et surtout à celle du sens opposé des mots primitifs (Carl Abel).

 

  • Didier BOTTINEAU, linguiste, chargé de recherches au C.N.R.S, Laboratoire MoDyCo & Université Paris Ouest - La Défense
La Défense Origines mimétiques du langage

Dans quelle mesure le langage et les langues présentent-ils des propriétés de nature à révéler des origines de caractère mimétique ? Les signes lexicaux, les marqueurs grammaticaux, les enchaînements syntaxiques ne sont pas déterminés par l'intention d'imiter un aspect précis de l'expérience du « monde réel », mais ils n'en présentent pas moins des éléments de cohérence, au moins localement, qui laissent présager l'existence de faits de motivation de cet ordre.

On présentera tout d'abord des tableaux qui illustrent les faits et les tendances dans les trois domaines : lexique, morphologie grammaticale et syntaxe. On pourra s'interroger, entre autres, sur la nature et le modus operandi des faits de mimesis, leur coexistence avec la tendance à la démotivation et l'auto-organisation des systèmes, leurs contributions particulières (et éventuellement leurs limites) dans le cadre de l'efficacité générale des systèmes ; et dans une perspective plus phénoménologique, la manière dont les sujets les inventent et, pour les générations ultérieures, se les approprient, voire les réinventent par le biais de la remotivation.

 

  • Colette Combe, psychiatre et psychanalyste
La musicalité du rap :  la langue,le rythme et le sens

En faisant un parallèle avec la musicalité de la phonologie dans l'aphorisme chez René Char (avec un bref exemple précis, et comment il s'est dégagé en cela de sa première pratique de l'écriture automatique du surréalisme, grâce à laquelle il avait pu donné forme à son cri de douleur interne),  comment aborder l'écoute de la musicalité du rythme dans le rap et saisir aussi comment certains rappeurs se dégagent de l'automatisme du style pour atteindre une originalité et une expérience poétique de la résistance et du sens en exil dans la langue. 

 

  • Denis FOREST, professeur de philosophie, Lyon III et IHPST, Paris
Etre ou ne pas être nativiste ?

Chomsky a proposé que notre capacité à parler est innée. Mais la question de savoir s'il a tort ou raison ne peut recevoir de début de réponse tant qu'on n'a pas répondu à d'autres qui la précèdent : que faut-il entendre par nativisme, où commence et où finit la faculté du langage, quelle est en la matière la nature des preuves. L'exposé s'attachera à la première de ces questions en distinguant plusieurs types de nativisme. Il explicitera quel peut être l'apport de la philosophie de la biologie à une solution à travers la notion d'enracinement génératif (Wimsatt, 1986, 2007).

 

  • Frédéric FRANCOIS, linguiste, professeurémérite, Université Paris V
Langue etlangage

On propose, ce qui semble assez conforme à l'usage, de regrouper sous « langue » les caractères propres à cette sémiotique par rapport à d'autres. Ainsi sera étude de la langue ce qui relève de la question de ce qui peut se manifester par des mots, des phrases, des textes par opposition à ce qui se manifeste par des gestes, des algorithmes ou des dessins. On appellera « langage » la relation du dit et du reçu à ce qui reste autre que ce dit ou ce reçu, en tant cependant qu'il se manifeste au travers du langage. Ainsi :

  • les traits mêmes du monde perçu en tant que dit,
  • la façon dont nous ressentons les autres ou nous-mêmes,
  • les différentes formes d'absent, d'hors présence, qui en quelque façon habitent notre rapportau monde, aux autres, à nous-mêmes.

On pourrait parler alors de différents champs du sens-force comme modes d'articulation du dit, du hors dit et des conflits de sens. On essaiera sur quelques exemples de se demander ce qu'il peut y avoir de commun ou de différent dans l'organisation de ces champs. Ces exemples pourraient être : a) les diverses façons dont différents enfants répondent à une même consigne, b) les effets de retentissement d'un même aphorisme ; c) les modes de réaction à l'hétérogénéité d'un texte.

 

  • Bernard GOLSE, chef du service de pédopsychiatrie de l'Hôpital Necker, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université de Paris V, psychanalyste
De l'indice au signe : l'importance du travail psychique d'autrui

Le bébé a besoin de rencontrer le travail psychique de l'autre pour que ses indices corporels puissent, progressivement, passer à un statut de signe. C'est toute la questionde l'image motrice qui doit être interrogée ici, en référence avec la fonction d'interprétation des adultes qui prennent soin de l'enfant (parent ou professionnels). De ce fait, la sémiotisation des productions de l'enfant ne peut être comprise que comme le fruit d'une co-construction (dyadique ou triadique) au sein de laquelle le rôle de l'objet est évidemment central.

La qualité des liens préverbaux qui se tissent en même temps que se creuse l'écart intersubjectif, s'avère ainsi une condition essentielle du passage de l'analogique au digital, soit de la communication préverbale à la communication verbale.

 

  • André GREEN, psychanalyste, ancienprésident de la SPP
Les Relations de la psychanalyse avec les théories du langage. Hésitations et conclusions

Depuis l'apport de Lacan dont la réflexion a débuté en 1953, les psychanalystes ont été amenés à réfléchir sur les liens qu'ils pouvaient tisser entre la théorie psychanalytique et les conceptions de la linguistique contemporaine.Certes, il ne peut être question de passer en revue toutes les théories linguistiques dans leurs rapports avec la psychanalyse. L'auteur reprend le parcours des positions qu'il a défendues, jusqu'à la connaissance des idées de François Rastier auxquelles il a fini par adhérer. Celles-ci permettent deprendre quelque distance par rapport aux contributions de la linguistique et s'efforcent d'établir un rapprochement moins formel et qui mette en rapport les idées soutenues en linguistique avec la pratique psychanalytique.

 

  • Aliyah MORGENSTERN, professeur de linguistique, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Fabrique de la langue, fabrique du sujet. Les marques d'intersubjectivité entre 1 et 3 ans chez l'enfant

Tout comme Darwin a assis son identité de scientifique et a conçu sa théorie de l'évolution en allant à la rencontre de l'autre (insecte, oiseau, pierre,plante ou homme) lors de son voyage sur le Beagle, l'enfant construit sonidentité de co-énonciateur dans un processus de différenciation. Nous étudierons en contexte les productions chez l'enfant de formes qui marquent la mise en place de l'intersubjectivité, le partage et l'échange d'intentions et la capacité à prendre la perspective de l'autre. Nous analyserons en particulier

1) les marques de personne

2) les marques de modalité

3) lesmarques de discours rapporté. Nous espérons faire fructifier par l'analyse de quelques extraits représentatifs le dialogue entre psychanalystes et linguistes.

 

  • Kostas NASSIKAS, psychanalyste, responsable médical de la Maison des Adolescents du Rhône
Le transfert, fabrique de la langue

La découverte de l'Inconscient a bouleversé la conception du langage. La « cure de parole » véhicule, sur un premier niveau, des énonciations plus ou moins conscientes arrimées à la structure langagière ; cette fonction continue tout au long de la cure mais les éléments langagiers sont progressivement et imperceptiblement pris dans la régression et les enjeux transférentiels.Ceux-ci-décondensent les signifiants de leurs signifiés et les mettent au service de l'a-nomie des processus primaires inconscients ; ceux-ci sont indociles à toute syntaxe langagière.

L'énergie pulsionnelle de cette « arène », semblable à celle du rêve, utilise les éléments langagiers comme des actes, qui ont souvent la forme des signes, visant la satisfaction par et dans l'espace psychique de l'autre et à l'insu des deux protagonistes.

La dynamique de ce magma des signes déployée dans l'espace analytique amène la question des places des deux présents sur la scène et aussi celle des nombreux absents. La nécessité de montrer (deixis) de désigner et dénommer ces places et leurs interactions reproduit les conditions d'émergence de l'institution du langage.

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Mise à jour le 13 octobre 2016
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