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Les relations de la Corée du Sud et les pays d’Asie du Sud-Est : Quelle stratégie pour une puissance moyenne ?

Soutenance de thèse

Vendredi 22 juin 2012
14 h 00
Arnaud LEVEAU (Laboratoire IAO)

Intervenant(s)

Arnaud LEVEAU (Laboratoire IAO)

Description générale

La Corée du Sud se situait en 2010 la 14e économie mondiale, selon la Banque mondiale, devant les Pays-Bas. Le pays devrait gagner une place en 2012 et se trouver au niveau de l’Australie. Dépourvue d’expériences diplomatiques en dehors des relations avec ses voisins immédiats, le pays se dote progressivement d’une politique étrangère autonome.

Au cours de cette étude, nous avons cherché à déterminer le niveau et les moyens de la puissance sud-coréenne. Nous nous sommes demandés si la Corée du Sud ne pourrait pas se présenter comme un Etat pivot capable de faire le lien entre des Etats ou des partenaires antagonistes, aussi bien en Asie du Nord-Est qu’en Asie du Sud-Est. Aussi après avoir examiné les moyens de la puissance sud-coréenne nous avons conclu que le pays était une puissance moyenne traditionnelle n’ayant pas encore acquis le statut de puissance régionale et qu’en ce sens elle constituait une puissance atypique.

La politique étrangère ne faisant pas l’objet d’un consensus national les revirements sont frequents, avec les changements de gouvernements, et affaiblissent le discours régional du pays. La Corée du Sud cherche encore une place qui lui soit propre et à établir un équilibre entre une diplomatie de niche et le développement de nouvelles concurrences en Asie de l’Est. Cependant tant que la Corée du Sud ne bénéficiera ni de la confiance de la Chine ni de celle du Japon, il lui sera difficile, voire impossible de se positionner en pivot de la région et ses marges de manoeuvres continueront de se réduire dans la région.

Pour palier à cette perte d’influence, elle ne dispose que de peu de solutions de rechange. Le développement de sa présence en Asie du Sud-Est est donc devenu en l’espace de quelques années un impératif de sa politique étrangère du pays. A l’instar du Japon d’après-guerre, le Sud-Est asiatique constitue une aire d’apprentissage privilégiée pour la diplomatie sud-coréenne et pour son action extérieure. A terme, une Corée réunifiée disposant de l’arsenal nucléaire nord-coréen pourrait peser autant qu’un Japon en déclin démographique avancé et donc revendiquer une place nouvelle dans cette partie du monde mais tant que durera l’anachronisme de la séparation, la Corée du Sud continuera de s’affirmer seule sur la scène régionale et internationale tout en cherchant des points d’appuis et des alliances extérieures.

Complément

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