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La lutte contre le cancer se fera peut être grâce à la lumière

Publication conjointe biologie / chimie dans Cell
Publié le : 17 juillet 2015
Faisceau_Lumineux_300x245.jpg L'utilisation de la lumière permet d'activer et d'inactiver les microtubules de manière réversible dans les cellules. Photo DR

Ces travaux publiés le 9 juillet 2015 dans la prestigieuse revue Cell, font déjà l’objet de nombreux articles dans la presse grand public, notamment l'hebdomadaire britannique The Economist. Chimistes et biologistes, dont trois doctorants de l'ENS de Lyon (voir encadré) ont travaillé ensemble sur un sujet très sensible : le cancer.

A l’heure actuelle, les agents anticancéreux les plus efficaces restent les molécules qui perturbent l’activité des microtubules, composant du squelette interne des cellules. En effet, dans les cellules humaines en division, un dérèglement des microtubules entraine la mort des cellules. Cependant, les microtubules sont essentielles à de nombreuses autres fonctions cellulaires. Les chimiothérapies utilisant les antimicrotubules génèrent donc de nombreux effets secondaires sur les cellules saines du patient. 

Oliver Thorn-Seshold et Dirk Trauner de l’Université de Munich ont alors eu l’idée de modifier chimiquement une molécule anti-microtubules pour la rendre activable et désactivable avec un faisceau lumineux.  Il deviendrait alors possible d’activer localement l’agent de chimiothérapie avec la lumière, et de la désactiver dans les zones qui ne doivent pas être traitées.

L’article récemment publié dans Cell montre qu’il est possible d’utiliser la molécule générée par les chimistes in cellulo pour controler l’activité des microtubules de manière réversible, et ce sur de nombreux cycles d’activation/inactivation. In vivo, dans un organisme tel que le ver C. elegans, l’utilisation de la lumière permet d’inactiver les microtubules dans une cellule précise de l’embryon alors que ses voisines restent intactes.

Ces travaux ouvrent des perspectives très prometteuses pour l’étude des nombreux processus cellulaire et développementaux dépendant des microtubules, ainsi que pour des applications à plus long terme pour un traitement localisé des tumeurs.

Références : Photoswitchable Inhibitors of Microtubule Dynamics Optically Control Mitosis and Cell Death. Malgorzata Borowiak, Wallis Nahaboo, Martin Reynders, Katharina Nekolla, Pierre Jalinot, Jens Hasserodt, Markus Rehberg, Marie Delattre, Stefan Zahler, Angelika Vollmar, Dirk Trauner, Oliver Thorn-Seshold - DOI:10.1016/j.cell.2015.06.049 |

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Les auteurs issus de l'ENS de Lyon
Cette publication dans Cell, issue d’une collaboration entre biologistes et chimistes, implique notamment 3 doctorants de l'ENS de Lyon :
- Malgorzata Borowiak, l'auteure principale, surnommée "Goshia", a fait son doctorat à l'ENS de Lyon, sous la direction de Pierre Jalinot, au LBMC. Elle est actuellement en post-doc dans l'équipe de Dirk Trauner à l'université de Munich
- Oliver Thorn-Seshold, ancien étudiant en thèse du laboratoire de chimie de l’ENS de l'équipe Jens Hasserodt, actuellement en postdoctorat dans l’équipe de Dirk Trauner à Munich/Allemagne
- Wallis Nahaboo, étudiante en thèse de l’équipe de Marie Delattre au laboratoire de biologie moléculaire de la cellule (LBMC). Rappelons qu'en décembre dernier Wallis Nahaboo avait reçu le Prix Doctorant BMIC 2014.

Ces travaux de recherche, qui sont un bel exemple de collaboration entre chimie et biologie, ont pu être menés grâce à plusieurs financements : le Fonds recherche de l'ENS de Lyon, le Cancéropôle de Lyon (CLARA), et ARC1-Santé 2013, soutenu par la Région Rhône-Alpes.

 
 
Mise à jour le 18 juillet 2015
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