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Turbulence et désordre

Table-ronde avec Eberhard Bodenschatz et Ole Petter Ottersen
Publié le : 20 avril 2015
vtte_Turbulences.jpg En physique, les turbulences sont perçues comme un système complexe ne pouvant être divisé en plusieurs éléments simplifiés : tous ces éléments sont interconnectés et s’influencent mutuellement. De la physique à la biologie et la médecine, la plupart des champs de recherche sont aujourd’hui confrontés à cette dimension d’interdépendance, a expliqué le président de l’ENS de Lyon Jean-François Pinton, lui-même physicien, ouvrant le débat avec les Docteurs Honoris Causa Eberhard Bodenschatz et Ole Petter Ottersen.

Certains problèmes et désordres sont le résultat de facteurs interconnectés, en particulier dans le champ de la médecine, a souligné Dr. Ottersen, citant le diabète et la dépression, ces maladies qui semblent trouver un terreau très fertile dans nos sociétés modernes. Des facteurs politiques, économiques et sociaux peuvent jouer un rôle que les scientifiques ont encore tendance à ignorer parce qu’ils sont trop complexes ou délicats à prendre en compte, a-t-il déploré, exhortant la communauté scientifique à se saisir de ces sujets « très complexes et passionnants ».

« Les turbulences, les troubles, le désordre : c’est en soi la matière première de la science », a renchéri Ioan Negrutiu, enseignant-chercheur en biologie à l’ENS de Lyon et directeur de l’Institut Michel Serres, citant l’exemple de Darwin, dont la théorie de l’évolution s’est heurtée à un mystère entêtant : l’origine des plantes à fleurs. Les obstacles de ce type, si l’on s’y confronte, peuvent ouvrir de nouveaux champs de recherche et mener à d’autres découvertes et progrès, a expliqué Ioan Negrutiu : « Nous sommes les serviteurs de la turbulence quand nous tentons de comprendre exactement ce que la réalité est en train de nous dire ».

Avec les progrès technologiques récents, l’explosion du volume des données disponibles sur notre vie et notre environnement pourrait apporter beaucoup à la recherche sur les turbulences, en permettant d’examiner des événements et des problèmes de la plus petite à la plus grande échelle, a estimé le physicien allemand Eberhard Bodenschatz.

« En matière de santé, de politiques, de société, nous avons soudain la chance d’avoir ce qu’on appelle le Big Data. Même si pour l’heure le terme sous-entend que ces données sont si massives qu’on ne peut pas les comprendre ; on en a tellement qu’on ne sait pas quoi en faire », a-t-il noté.

Les sujets de Big Data s’accompagnent en effet souvent d’inquiétudes sur l’utilisation éthique de ces données et le respect de la vie privée. Les scientifiques réunis ce mercredi ont estimé qu’il était de leur responsabilité de débattre ensemble, à travers les disciplines, des limites à poser à leur recherche. Tout en préservant l’autonomie du chercheur et de l’université, un autre sujet récurrent de préoccupation.

Les universités subissent une pression croissante à contribuer de façon « tangible » à la société dans des délais qui sont en réalité trop courts pour le monde académique, a déploré le Dr. Ottersen. Jean-François Pinton a partagé cette inquiétude, estimant qu’en France, le système éducatif faisait de plus en plus souvent figure de bouc-émissaire des maux économiques et sociaux du pays – que ce soit le chômage élevé, la faible compétitivité de l’industrie française ou la montée de l’intolérance et de l’extrémisme religieux.

« Je trouve cela justifié que l’on se tourne vers nous et que l’on nous intime de faire quelque chose,  mais je trouve également justifié que nous répondions à ces défis de la société en fixant nos propres conditions, en conservant notre autonomie » a conclu Jean-François Pinton.

Ioan ¨Negrutiu, Jacques samarut, Jean-françois Pinton, Alain Pumir, Eberhard bodenschatz, Ole Petter Ottersen, DHC ENS Lyon 2015, Turbulences
De gauche à droite : Ioan ¨Negrutiu, Jacques samarut, Jean-françois Pinton, Alain Pumir, Eberhard Bodenschatz, Ole Petter Ottersen. Photo Vincent Brault ENS Média©
 

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Mise à jour le 27 avril 2015
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