Les établissements de la ComUE Lyon Saint-Étienne ont précisé les contours de leur stratégie scientifique commune, avec l’annonce de deux nouveaux instituts thématiques interdisciplinaires et deux réseaux de coordination disciplinaire. Cette stratégie repose sur une double approche disciplinaire et interdisciplinaire, afin de créer des socles disciplinaires solides en formation comme en recherche et de disposer de réseaux visant à faire émerger des approches scientifiques novatrices sur de grands enjeux de société.
Q : Cette stratégie scientifique n’entraîne pas de structuration institutionnelle, comment va-t-elle être financée ?
Effectivement, l’ensemble des établissements souhaitait ne pas confondre stratégie scientifique et structuration institutionnelle. Au niveau des collègues formation et recherche des différents établissements, les logiques de collaboration sont très porteuses. Nous avons voulu capitaliser sur cette dynamique bien réelle du site, qui dispose, faut-il le rappeler, d’un potentiel exceptionnel de plus de 170 laboratoires, avec 7000 enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs et 5000 doctorantes et doctorants. Notre ambition n’est pas de proposer une structuration administrative mais plutôt de jouer collectif dans l’exercice même de nos missions, afin de mieux relever les enjeux scientifiques qui se présentent à nous, et de garantir un niveau de formation élevé et adapté aux besoins du monde contemporain. C’est ce que les partenaires socio-économiques et les collectivités territoriales attendent de nous, c’est aussi ce qui fait notre reconnaissance et notre attractivité internationale.
Concernant le financement, le modèle proposé est original. J’ai pu dire à l’AEF que puisque « nous n’étions pas sûrs que l’État nous aide, nous avons donc fait le choix de nous aider nous-mêmes. » Comment ? En dégageant un fonds d’amorçage de 11M€ sur 3 ans, dont 1,1M€/an provient de la mise en commun des parts site du préciput ANR. Les 7 M€ restant sont pris sur le fonds de roulement de la ComUE [Communauté d'universités et d'établissements], point restant à faire adopter au CA de la ComUE de décembre 2025. L’objectif est vraiment d’aller chercher des fonds, en particulier européens, en mobilisant également les moyens RH supplémentaires mis à disposition par le COMP [Contrats d'Objectifs, de Moyens et de Performance].
Q : Parmi les 1ers instituts pluridisciplinaires annoncés, au-delà de SHAPE-Med@Lyon qui a été précurseur du modèle imaginé, on note un institut porté par Lyon 1, Défis planétaires, territoires, transitions, un autre porté par Lyon 2, Alimentation, gastronomie, nutrition. Quid des projets de l’ENS de Lyon ?
L’ENS de Lyon a porté le projet AILyS, sur l’intelligence artificielle, et qui fonctionne aujourd’hui avec la participation de 11 membres associés dans un consortium (Lyon 1, Lyon 2, Lyon 3, UJM, HCL, École Centrale de Lyon, École des Mines de St Étienne, INSA, ENTPE, VetAgro Sup, ENS de Lyon). D’ailleurs, la 1re journée dédiée aux innovations en intelligence artificielle sera organisée le 12 novembre prochain sur le campus numérique de la Région. Il est prévu qu’AILyS rejoigne un futur institut thématique interdisciplinaire, consacré à l’intelligence artificielle, des concepts aux usages, sans oublier les enjeux. Cet Institut sera porté par l’ENS de Lyon, et lancé dans les toutes prochaines semaines.
Q : Quel regard portez-vous sur la dynamique ainsi engagée sur le site ?
Alors que nous ne sommes pas un site labellisé IDEX, je suis très positif sur le fait que notre dynamique collective retrouvée nous permette aujourd’hui de porter cette stratégie scientifique. Mutualiser une partie de nos financements dédiés à la recherche est un signe fort. Les établissements ont fait du chemin ! Et c’est un très bon signe pour tirer parti des initiatives reconnues, qui fonctionnent déjà très bien, du Collègium à Shape-Med en passant par la Maison des mathématiques et de l’informatique que seule notre intervention conjuguée a permis de pérenniser à la fin du Labex MiLyon, et en développer de nouvelles.
Cela me semble d’autant plus important que la science est attaquée et que nous devons absolument faire front commun pour défendre les activités de la recherche, toutes disciplines confondues, dans le cadre d’une liberté académique vigoureuse et préservée.
Lire le communiqué de presse sur la stratégie de site Lyon Saint-Étienne
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