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Les engagements de l’ENS de Lyon en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes

Harcèlement sexuel dans l'ESR
Actualité

Dans le cadre des actions stratégiques du projet d'établissement de l'ENS de Lyon, figurent en bonne place l'ouverture et la diversité. Un nouveau schéma directeur de l'Egalité professionnelle Femmes/Hommes a été adopté pour 2024-2026, avec quelques actions phares qui amplifient la politique d'égalité et de prévention des Violences sexistes et sexuelles, pour les étudiantes et étudiants comme pour les personnels. Un souci tout particulier est apporté à l'accès des filles et femmes aux filières et carrière scientifiques, ainsi qu'aux conditions de travail des doctorantes et jeunes chercheuses.

Le plan d'action relatif à l'égalité professionnelle 2024-2026 comprend 114 actions réparties en 7 axes :

  1. La gouvernance, le pilotage et le suivi de la politique d’égalité professionnelle.
  2. L’évaluation, la prévention et le traitement des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes.
  3. La garantie de l’égal accès aux métiers et responsabilités professionnelles.
  4. L’articulation des temps de vie privée / vie professionnelle et l’accompagnement à la parentalité.
  5. La qualité de vie au travail, les conditions de travail et la santé au travail sous l’angle du genre.
  6. Les enjeux d’égalité dans la qualité de vie étudiante.
  7. La prévention et le traitement des signalements pour faits de discrimination, de harcèlement moral, de violences sexistes et sexuelles et de LGBT+phobies.

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Les bourses Cécile DeWitt-Morette

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Programme Cécile DeWitt-Morette

L’ENS de Lyon a lancé à la rentrée 2025 le programme Cécile DeWitt-Morette qui permet de financer les 4 années d’études des normaliennes étudiantes, admises sur dossier, inscrites au diplôme de l’ENS de Lyon, dans les départements de mathématiques et d’informatique. Le montant de cette bourse est de 12000€/an.

Cécile DeWitt-Morette (1922-2017)
Physicienne et mathématicienne française. Après avoir travaillé dans le laboratoire dirigé par Irène Joliot-Curie et Frédéric Joliot, en 1948, elle rejoint l'Institute for Advanced Studies à Princeton. Tout en effectuant le reste de sa carrière aux États-Unis, elle œuvre de façon décisive à la reconstruction de la recherche en physique et de l’éducation scientifique en France au lendemain de la guerre. C’est ainsi qu’elle fonde l’École de physique des Houches en 1951, école d’été qui accueillit de nombreux futurs lauréates et lauréats de Prix Nobel, et dont elle assura la direction jusqu’en 1972. L’ENS de Lyon fait partie des cotutelles de l’École des Houches. L’engagement de Cécile DeWitt-Morette a amené ses filles à accepter de donner son nom au programme de l’ENS de Lyon. C’est l’une des 72 femmes scientifiques dont le nom sera gravé sur la Tour Eiffel suite à l’initiative de l’association Femmes & Sciences. 

Pourquoi ?

Depuis la dernière réforme des lycées, le nombre de filles avec une doublette scientifique a fortement diminué. C’est un recul de près de 60 ans pour l’engagement des filles en sciences. Selon les statistiques du MEN, les filles réussissent mieux le Bac que les garçons. Parmi elles, si près de la moitié ont passé un Bac scientifique, seulement 19 % ont retenu l’option mathématiques, et ce chiffre chute encore plus pour l’informatique avec seulement 4 %. Dans le monde professionnel et de la recherche, par exemple au CNRS, les femmes représentent moins de 20 % du personnel qui se consacre à la recherche dans les disciplines comme les mathématiques ou l’informatique. À l’ENS de Lyon, les étudiantes dans ces filières représentent moins de 10 % des effectifs et cette sous-représentation s’est aggravée ces dernières années.

L’objectif est donc d’inciter des jeunes femmes à candidater sur dossier, avec la garantie si elles sont admises, de voir leur scolarité normalienne prise en charge. Les critères d’admission sont pour tous les candidats et candidates le niveau académique et la pertinence du projet individuel. Cette incitation particulière faite à destination des candidates lève le frein financier pour l’engagement dans des études longues et reconnaît la place que doivent prendre les femmes dans ces filières. 

Des premiers résultats encourageants

À la rentrée 2025 : treize normaliennes étudiantes ont rejoint l’École en mathématiques et en informatiques en bénéficiant de ce programme. En parallèle, le nombre de candidates admises sur concours a également augmenté, signe encourageant vers plus de mixité. Aujourd’hui, la proportion de femmes dans les 2 filières est de près de 30%, ce qui nous porte au seuil de la mixité. Cette incitation est doublée d’une forte action de sensibilisation des étudiants et des enseignants, ainsi que de prévention des VSS et de toute forme de discrimination liée au genre, afin de permettre aux étudiantes de se sentir légitimées et légitimes dans les filières de formation choisies.

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Le programme de mentorat des doctorantes, en partenariat avec l’association Femmes et Sciences

L’ENS de Lyon est l’établissement pilote pour lancer la déclinaison en Rhône-Alpes du programme national de mentorat créé par l’association Femmes & Sciences. L’objectif est de proposer un accompagnement individuel des doctorantes qui leur permette de construire un projet professionnel et de carrière, avec des personnes de confiance et d’expérience. Il ne s’agit pas d’un accompagnement sur leur sujet de thèse, mais de partages d’expériences et de formations permettant aux doctorantes de s’intégrer dans le milieu de la recherche avec une confiance en soi et des motivations renforcées. Les personnes mentores sont principalement des femmes mais la fonction est également ouverte aux hommes. 

Lancé en octobre 2025, le programme réunit 11 binômes de mentorées/mentores. Les binômes ont été formés en décembre. En janvier 2026, les différentes membres des binômes se sont rencontrés et ont signé la charte du mentorat. Une première journée de travail en commun les a réunies le 3 février dernier, pour un atelier consacré au triangle de Karpman suivi de témoignages de chercheuses. D’ici à la fin de l’année universitaire, d’autres journées permettront d’aborder les sujets de la confiance en soi, du syndrôme de l’imposteur, de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, du postdoc à l’étranger.

Un partenariat de 10 ans avec la journée Sciences, un métier de femmes

Montrer par l’exemple que tous les métiers scientifiques sont mixtes, décrypter les stéréotypes, dépasser les idées reçues, telle est l’ambition de la journée « Sciences, un métier de femmes » organisée chaque année, depuis 2017.

Alors que les filles réussissent mieux à l’école que les garçons, comme le montrent plusieurs études, elles sont trop peu nombreuses à s’orienter vers des études supérieures scientifiques et techniques, en particulier vers les filières de l’ingénierie et du numérique. Pour lutter contre ces stéréotypes et aider les jeunes filles à s’orienter, sans se brider, vers les carrières scientifiques, l’association Femmes & Sciences, le labex ASLAN, le laboratoire ICAR et le Centre de recherche astrophysique de Lyon (CRAL) organisent, avec le soutien actif de l’ENS de Lyon, une journée spécifiquement destinée aux lycéennes afin de leur faire rencontrer des femmes travaillant dans les domaines scientifiques et technologiques publics et privés.

Chaque année, l'ENS de Lyon est fière d'accueillir quelque 500 lycéennes de la région et leurs marraines, issues de tous les métiers scientifiques, chercheuses, ingénieures, techniciennes pour les encourager à écouter leur curiosité et à leur dire que ce choix leur est ouvert, à l'instar des marraines d'honneur de cet événement, deux femmes Prix Nobel, Françoise Barré Sinoussi et Anne L'Huillier.

Symboliquement, cette journée a lieu autour du 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

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