13h30
Maison de la recherche, rue des Irlandais, Paris 5e
Monsieur Edward BLUMENTHAL
Edward BLUMENTHAL soutiendra son habilitation à diriger des recherches (HDR) en Section CNU n°14 - Langues et littératures romanes : espagnol, italien, portugais, autres langues romanes, Discipline : Langues et littératures étrangères – Études hispaniques le 9 mars 2026 à 13h30.
Résumé de la thèse
Le droit d’asile a été parfois décrit comme une contribution latino-américaine au droit international par des juristes de la région, en raison de sa précoce codification dès le XIXe siècle en Amérique du Sud, et du statut donné à l’asile diplomatique, accordé en ambassades ou légations. Cependant, cette caractérisation a la tendance à lisser les tensions autour de sa pratique historique et à ignorer la relation compliquée qu’il entretient avec le droit international de réfugiés, une relation réduite parfois a un système de protection dit « dual », international et régional. À travers une analyse de l’interaction entre ces régimes internationaux et la pratique concrète de l’asile, basée sur des archives argentines, chiliennes et colombiennes —parmi les pays les plus actifs dans les efforts de codification— ce travail argumente que le « régime latino-américain » cherchait à répondre à des logiques propres à la région. Depuis sa sanction sud-américaine à Montevideo en 1889 jusqu’à sa consolidation latino-américaine à Caracas en 1954, le droit d’asile a répondu à l'importance de l’exil dans l’ordre interne et externe dans la région, et aux besoins divergents de protection et de contrôle, souvent en tension dans un contexte de migration régionale ouverte. Cependant, il a buté sur l’arrivée massive d'exilés espagnols et de juifs apatrides, perçus essentiellement comme des immigrés à une époque marquée par la fermeture des frontières et l’essor de l’anticommunisme et de l’antisémitisme, et sur la question de la légitimité de l’asile accordé aux militaires autoritaires, dictateurs ou auteurs de tentatives de coups d’État. Ce travail interroge les logiques des dispositions régionales, qui ont donné lieu à la formation de deux régimes différents de protection, suite au cas Haya de la Torre (1950) —quand la Cour Internationale de Justice a rejeté les doctrines latino-américaines d’asile diplomatique— et la signature de conventions de Genève (1951) et de Caracas (1954).
Devant un jury composé de :
- Madame Dzovinar KÉVONIAN, Professeure des universités
- Monsieur Frank CAESTECKER, Professeur
- Madame Pilar GONZÁLEZ BERNALDO DE QUIRÓS, Professeure des universités émérite
- Monsieur Philippe RYGIEL, Professeur des universités
- Monsieur Olivier COMPAGNON, Professeur des universités
Gratuit
Disciplines
