Thématique : Les révolutions
Histoire de l’art : Laura Foulquier
Une révolution est une projection vers un à-venir, qu'elle se réclame et se pare du passé ou qu'elle s'en émancipe en réfutant toute trace, tout souvenir. Il n'en demeure pas moins qu'elle est un mouvement brusque, profus, profond, innervé d'un passé qu'elle dépasse et transcende pour le renouveler ou l'abolir durablement. Trajectoire drue et ductile, elle porte en elle les germes féconds du bouleversement, de la mise en branle. De l'invention de la perspective aux déflagrations des avant-gardes, en passant par les trajectoires complexes de Jacques-Louis David ou Théodore Géricault, c'est une révolution comme une aube dont nous prendrons pleinement la dimension, une aube qui, pour reprendre les vers du poète Yves Bonnefoy, « colore peu à peu le temps recommencé ».
Théâtre : Gaïa Richard
Que peut le théâtre vis-à-vis des révolutions ? L’usage dramaturgique des archives révolutionnaires permet de bousculer les pratiques historiographiques, à l’instar du traitement des archives de 1789 que propose Marion Boudier dans Ça ira, fin de Louis (2015). Du point de vue de la représentation a posteriori des séquences révolutionnaires au théâtre, le Théâtre de la Révolution (1898-1938) de Romain Rolland permettra d’identifier les codes et les enjeux propres à ce thème (temporalité, représentation des masses, tentation téléologique, roman national et images d’Épinal…). L’étude de pièces d’agit-prop française de l’entre-deux-guerres servira à préciser les fondements théoriques et les fonctionnements d’une esthétique théâtrale, conçue pour précipiter l’éclosion d’une révolution. Enfin, une étude génétique des usages de la vidéo sur scène permettra de poser la question des révolutions techniques au théâtre et des changements qu’elles entraînent du point de vue des pratiques et des esthétiques.