Ce cours prend le parti qu’une lecture géographique de l’évolution récente des services publics et des interactions entre niveaux de gouvernance est pertinente voire indispensable pour comprendre la capacité ou l’incapacité de la puissance publique pour endiguer des inégalités sociales ou territoriales. En France, le développement de services publics est considéré comme une mission essentielle de l’Etat car ce dernier est le garant d’une accessibilité bonne et homogène à la fois pour tous les milieux sociaux et pour tous les territoires à l’éducation, la santé, la justice, aux transports publics. Dans le même temps, et comme dans tous les Etats des « Nords », les services publics connaissent des mutations profondes à l’heure de la fragilisation des finances publiques, de concurrence du secteur privé, de la numérisation des pratiques individuelles et collectives, des capacités accrues de mobilité des usagers. Aussi, les services publics sont beaucoup étudiés sous l’angle, sinon de leur défense, du moins de leur maintien, et des conséquences de leurs faiblesses sur les sociétés et les territoires qui les abritent. En toile de fond, ce cours propose de réfléchir à ce qu’est devenu l’ « Etat-providence ».
Si les inégalités constituent un constat et un objet d’analyse, elles sont donc moins appréhendées par les individus, les groupes, les collectifs qui les vivent que par les échelons de décision. Or, l’organisation des services publics comme simplement l’analyse de la répartition des moyens entre acteurs publics découlent aussi d’une refonte profonde des niveaux de gouvernance par le truchement de la décentralisation et du renforcement des échelons locaux. Un focus particulier va être porté sur le rôle pivot joué par les collectivités locales.