Dans les démocraties contemporaines, « faire société » renvoie tout à la fois à la diversité et à l’intensité des relations sociales, à la cohésion du système social, ou encore aux vertus de solidarité et de fraternité. Mais à l’heure où les liens sociaux se distendent, où le « vivre ensemble » se dilue, où les tendances au repli sur soi, à l’isolement des individus et au communautarisme s’accentuent, qu’est-ce que les sociétés antiques ont à nous apprendre ?
Dans le cadre d’une réflexion générale sur l’analyse du lien social dans le monde romain antique, on s’intéressera plus spécifiquement à la spécificité de l’expression des différences sociales dans les sociétés antiques (genre, identité, statut, ordo…) ; aux manifestations des hiérarchies dans l’espace (public/privé) et enfin aux pratiques de sociabilités. Il s’agira de croiser les perspectives emic (la conception des anciens) et etic (l’emploi que nous faisons d’un concept contemporain pour décrire une réalité ancienne) ; de travailler à partir de sources de nature variée (documentation littéraire, archéologique, iconographique...) ; tout en tenant compte de l’important renouvellement historiographique en la matière.
Parmi les questions qui seront abordées : peut-on parler de fragmentation sociale ? de précarisation ? d’ethnicisation ? de racialisation ?
Le séminaire est conçu en étroite collaboration avec le projet de recherche HospitAm dont les travaux portent actuellement sur les crises de l’hospitalité.
Ce séminaire est ouvert à tous et à toutes.