L’objectif du séminaire, qui s’inscrit dans le sillage de « Pratiques amateures du livre (XXe) » (2025-2026) est d’étudier les différentes formes d’écriture de soi (autobiographies, journaux, correspondances), en observant à la fois la façon dont elles se sont constituées comme genres littéraires et leur importance au sein des écritures ordinaires et des pratiques sociales de l’écrit.
Il s’agira en particulier de s’interroger sur le fait de rendre public ce qui relève du privé, lorsque la pratique d’écriture de soi s’accompagne d’une publication ou du moins d’un archivage de ces écrits, sous la forme d’un manuscrit, d’un tapuscrit ou d’un livre. On tâchera de penser plus précisément le geste de dépôt d’écrits personnels dans des fonds comme l’Association pour l’autobiographie et le Patrimoine Autobiographique (APA, cofondée par Philippe Lejeune en 1992) ou d’autres collections du réseau « European Ego-Documents Archives and Collections Network » (EDAC), et de s’interroger aussi sur la collecte de ces objets culturels (dans les archives personnelles et familiales, lors de brocantes ou sur des marchés de vieux papier mis au rebut) et la façon dont ils peuvent devenir des corpus.
Cela nous amènera aussi à appréhender les différents seuils et portes d’entrée en littérature qui constituent l’auteur ou l’autrice comme tel ou telle (pratique de l’écriture, fabrication de l’objet livre, publication et réception effective des oeuvres, traduction et consécration sur le marché international du livre) tout en interrogeant la possibilité pour ces écrits de rester lettres mortes, c’est-à-dire sans lecteur. Ce faisant, on abordera aussi des enjeux de droits d’auteur, propriété intellectuelle et attribution des oeuvres spécifiques aux littératures dites « sauvages » (en dehors des circuits habituels de diffusion, parfois sans dépôt légal ni ISBN même quand ils sont autoédités) mais aussi plus propres à l’écriture de soi et des autres, comme le respect de la vie privée.