Outils

Quand bébé mène la danse : l’embryon organise le développement de la graine

La plante modèle Arabidopsis thaliana
Publication

D'après une communication du CNRS en date du 4 septembre 2026. À partir d'une publication scientifique parue dans Science et à laquelle a contribué le RDP : « An embryo-derived peptide signal directs endosperm polarity ». Crédit vignette : © Denis DARZACQ/CNRS Images

Chez les plantes à fleurs, la formation d’une graine repose sur le développement coordonné de l’embryon et du tissu qui l’entoure et le nourrit. Dans une étude publiée dans Science des scientifiques montrent, chez la plante modèle Arabidopsis thaliana, que cette coordination dépend d’un véritable dialogue moléculaire : peu après la fécondation, l’embryon produit un petit peptide qui transmet un signal aux cellules voisines et organise le développement de l’albumen. Ainsi, en contrôlant son environnement immédiat, il maximise ses chances de survie.

Une double fécondation à l’origine de la graine

Chez les plantes à fleurs, ou angiospermes, la reproduction sexuée présente une particularité : elle repose sur une double fécondation. Lorsqu’un grain de pollen atteint la partie réceptrice de la fleur, il germe et forme un tube pollinique qui progresse jusqu’à l’ovule. Ce tube transporte deux gamètes mâles.

Dans l’ovule se trouve une structure constituée de quelques cellules, appelée gamétophyte femelle. Elle comprend notamment une cellule-œuf, et une cellule centrale. Les deux gamètes mâles ont alors des destins différents : le premier fusionne avec la cellule-œuf pour former l’embryon, tandis que le second fusionne avec la cellule centrale pour donner naissance à l’albumen.

Ce tissu joue un rôle essentiel dans le développement de la graine. Il assure notamment les échanges de nutriments entre les tissus de la plante mère et l’embryon. Par sa fonction d'interface entre la mère et l'embryon, il peut être comparé, avec certaines limites, au placenta des mammifères.

Au cours des trois à quatre premiers jours suivant la fécondation, l’albumen se développe rapidement. Ses noyaux se multiplient d’abord sans que des parois cellulaires ne se forment entre eux : il constitue alors une grande cellule contenant de nombreux noyaux, appelée cœnocyte. Dans un second temps intervient la cellularisation : des parois apparaissent progressivement autour des noyaux et individualisent les cellules.

Découvrez-en plus sur le site du CNRS

Référence

Audrey Creff et al., An embryo-derived peptide signal directs endosperm polarity in Arabidopsis. Science
DOI:10.1126/science.aed6035

Disciplines

Mots clés