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Rencontre avec Hanadi Bekai, lauréate de la Bourse Palestine de l’ENS de Lyon

Livre arabe ancien
Portrait

En juin 2025, Hanadi Bekai a rejoint l’ENS de Lyon grâce à la Bourse Palestine pour poursuivre son doctorat au sein du CIHAM. Elle étudie la langue et la littérature arabes, avec une attention particulière portée aux manuscrits inédits du XIVe au XVIIIe siècle. À l’ENS de Lyon, Hanadi a trouvé la structure, l’accompagnement et les ressources nécessaires pour faire progresser ses recherches dans un cadre de collaboration scientifique internationale.

Arrivée à l’ENS de Lyon

Depuis juin 2025, Hanadi Bekai fait partie de la communauté de l'ENS de Lyon, ayant rejoint l’École grâce à la Bourse Palestine pour poursuivre son doctorat au sein du laboratoire CIHAM.

Après avoir terminé ses études en langue et littérature arabes à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), elle a commencé son doctorat tout en maintenant des liens étroits avec des chercheurs de Princeton aux États-Unis et de la Sorbonne à Paris. Ces échanges internationaux ont contribué à enrichir et à orienter son travail. À la recherche d’opportunités pour diversifier son parcours académique, Hanadi a découvert la Bourse Palestine de l’ENS de Lyon, qu’elle a obtenue, lui permettant ainsi de poursuivre ses recherches en France.

De la physique aux manuscrits arabes

Hanadi Bekai a d'abord commencé des études de physique, mais elle s'est rapidement rendu compte que la simple étude des chiffres ne suffisait pas à satisfaire sa curiosité intellectuelle. Elle s'est alors tournée vers les sciences humaines et les problématiques que la littérature et la langue nous permettent d'explorer. Ce changement l'a conduite vers la langue et la littérature arabes, une transition qui allait redéfinir son orientation académique et sa manière d'aborder la recherche et l'interprétation.

Aujourd'hui, ses recherches doctorales l'amènent à étudier de près des manuscrits arabes datant du XIVe au XVIIIe siècle. Bon nombre de ces textes sont inédits, et leurs auteurs et copistes restent anonymes. Pour Hanadi, cet anonymat révèle comment des individus, souvent exclus de l'histoire officielle, ont laissé leur empreinte à travers de subtiles modifications du texte. En retraçant ces transformations, elle étudie comment les gens ont donné un sens à leur époque, imaginé la fin des temps et exprimé leurs espoirs, leurs craintes et leurs réflexions éthiques. Son travail met en lumière le pouvoir de l'imagination et le travail intellectuel quotidien, montrant comment le savoir se forme et se transmet à travers les générations, souvent par ceux dont la voix est rarement entendue.

Recherche et vie académique à l’ENS de Lyon

Le séjour de Hanadi Bekai en France lui a fourni les conditions matérielles et intellectuelles nécessaires au développement de ses recherches. Grâce aux réseaux universitaires de l'ENS de Lyon, elle a pu accéder à d'importantes collections, notamment aux manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, ce qui lui a permis de travailler directement avec les sources primaires au cœur de son projet. Au sein du laboratoire CIHAM, elle a trouvé un environnement collégial stimulant, favorisant les échanges, la réflexion et la collaboration scientifique.

Au-delà de l'accès à des ressources clés, Hanadi a également été frappée par le rythme et l'organisation de la vie académique à l'ENS de Lyon. L'accent mis sur la gestion du temps et des pratiques de travail rigoureuses l'a aidée à planifier ses recherches et à développer de bonnes habitudes de travail :

Pour moi, l’ENS ne forme pas seulement les chercheurs sur le plan intellectuel, elle leur apprend également à structurer leur temps et à construire une vie académique pérenne… Je n’avais jamais connu une telle organisation auparavant, et je mesure maintenant à quel point elle est essentielle. Peu importe le talent d’un chercheur, s'il ne dispose pas à la fois d'un cadre de travail bien défini et de compétences en gestion du temps, il risque fort de passer à côté de nombreuses opportunités.

Elle a également apprécié l'ouverture d'esprit des professeurs, qui encourageaient la discussion et les échanges au-delà des salles de classe, créant ainsi un espace propice à l'expérimentation et au développement des idées. Arrivée sans avoir défini précisément le sujet de sa thèse de doctorat, Hanadi a découvert que cet équilibre entre accompagnement, soutien collégial et autonomie intellectuelle lui permettait de clarifier l'orientation de ses recherches et de réfléchir plus profondément à leur portée et à leur objectif.

Vie à Lyon et perspectives d’avenir

Arrivée en France sans aucune connaissance préalable du français, Hanadi a progressivement appris la langue tout en menant ses recherches grâce aux cours de FLE (Français langue étrangère) proposés à l'ENS de Lyon. Ces cours lui ont également permis de rencontrer d'autres étudiants internationaux, de se faire ses premiers amis en France et de s'adapter à son nouvel environnement, tant sur le plan académique que dans la vie quotidienne.

Hanadi envisage désormais de poursuivre ses recherches dans plusieurs institutions, notamment l'ENS de Lyon et l'Université américaine de Beyrouth. Son expérience lui a montré l'importance de la collaboration internationale, et elle espère rester en contact avec les personnes, les ressources et les réseaux qui ont façonné son parcours doctoral, en maintenant le dialogue et la collaboration au-delà des frontières.

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