au dimanche 25 juin 2026
- Le samedi 13 juin à 20h
- Le dimanche 14 juin à 18h
Tako-Tsubo : une expression qui n’existe pas en français, un état sous-considéré, une maladie qui n’en est pas vraiment une parce qu’aucun cœur ne peut véritablement se casser. Comment pourrait-on le dire, le représenter, ce moment où le monde continue de tourner quand nous, à l’inverse, nous sommes arrêtés ?
Comme Icare volait trop près du soleil, Isolde, elle aussi, s'est brûlé les ailes. Trop près du bonheur. Elle ne l’a pas supporté. À croire qu'elle l'a fait exprès. On est nombreux à faire ça, à ne pas savoir vivre trop heureux. À croire que c’est chiant le bonheur. Qu’on s’ennuie très vite. Pas assez de flammes pour continuer à vibrer. On ne se sent plus assez vivants quand ça nous arrive. Alors, souvent, on casse tout, pour tester la solidité de ce qui nous tient debout. Mais après, on est bien embêté… Il faut vivre avec ce qu’on a détruit. On ne peut pas tout recoller. Alors on a deux choix : soit on essaie quand même, soit on se dit : « quitte à s’être brûlé, on risque quoi à recommencer ? »
Tako-Tsubo met sur le devant de la scène l’irréparable et l’indicible, tout ce qu’on se dit, tout ce qu’on imagine, tout ce qu’on récrit, pour tenir, suite à l’abandon. La pensée apparaît comme seul moyen d’exister. La pièce se veut anatomie de la rupture, dans tous les sens du terme : l’abandon érigé en martyre, l’addiction des souvenirs, les rêves de retours, le fantasme de l’espoir, l’imagination qui, suite à la perte, confine parfois à l’absurde et au rire.
ISOLDE : Ton shampooing encore sur ma baignoire. Lui resté. Le Nesquik que tu n’as pas fini. Lui aussi resté. Dans le placard au-dessus du micro-ondes. Après ton départ, je comptais les jours en paquets de pâtes. Ceux que tu m’avais achetés. Il y a deux paquets que tu es partie. J’ai voulu tout recracher pour revenir en arrière. Mais les doigts dans la gorge ne parviennent pas à faire s’inverser la course du temps.
- Texte et mise en scène : Camille Mas
- Jeu : Guillemette de Courville, Romain Dzian, Camille Mas, Gaël Schall, Nino Salomon et Jean-François Gautier
- Scénographie : Camille Mas et Yann Jadeau
- Régie son et lumière : François Pitois
- Assistanat au texte : Guillaume Houdant
- Assistanat à la mise en scène : Amandine Roux, Manon Bernard--Genniaux, Cordélia Monge et Laëtitia Grelet
- Photos : Marion Cuinat et Maya Vanden Borre
Payant
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