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ALLF5213 : Option de linguistique agrégation allemand

Linguistics option - preparing for the agregation oral exams

Responsable(s) :
  • Anne Lemonnier-Lemieux
  • Emmanuel Hourcade
Enseignant(s) :
  • Emmanuelle Prak-Derrington

Niveau

M2

Discipline

Etudes germaniques

ECTS
2.00
Période
2e semestre
Localisation
Site Descartes
Année
2026
Langue d'enseignement
Allemand
Français

Public externe (ouverts aux auditeurs de cours)

Informations générales sur le cours : ALLF5213

Content objectif

Entraînement à l'épreuve de l'option C (linguistique) à l'agrégation.

Option C, linguistique : La représentation de l’oral dans l’allemand écrit


Dans tout texte écrit, il est possible d’insérer des parties textuelles qui représentent ou imitent un discours oral. La notion d’oral représenté, qui s’inscrit dans le champ plus large de la « représentation du discours autre » (Authier-Revuz 2020), désigne l’ensemble des formes que prend la représentation d’un discours oral à l’écrit : il ne s’agit pas d’une restitution ou d’une consignation de l’oralité, mais de son imitation (mimesis au sens de Aristote), qui vise à faire passer pour « authentique » la communication orale représentée. On étudiera ainsi les formes linguistiques mises en oeuvre pour donner l’illusion de l’oral, que le discours mis en scène se veuille, du point de vue de son degré de planification, « spontané » (c’est-à-dire « non-scripté ») ou bien « élaboré » (également appelé « oral scripté » ou « oral joué »), ces deux types de discours constituant les deux pôles d’une opposition graduelle (cf. entre autres Koch & Oesterreicher 2001). Les candidats sont invités à réfléchir à la question de savoir si, dans un texte donné, « l’oral représenté à l’écrit reproduit [...] effectivement les ressorts syntaxiques, lexicaux, pragmatiques de l’oral spontané [dans le sens d’une communication orale effectivement réalisée] ou bien [s’il] véhicule une part d’imaginaire de l’oral et répond [...] à d’autres problématiques » (Lefeuvre & Parussa 2020 : 10). Dans l’imaginaire collectif, en effet, l’oral est souvent associé, à tort, à des productions « familières », « informelles », et/ou « dialectales », alors que ces traits linguistiques relèvent du domaine de la variation (en fonction du registre, du contexte de communication, du milieu social, de la région, etc.) – et non de l’opposition binaire « oral vs. écrit ». Il est donc intéressant d’étudier dans quelle mesure la mise en scène de l’oralité dans les textes s’inspire (ou non) de cet imaginaire collectif. Aucune approche théorique n’est à privilégier plutôt qu’une autre, on pourra adopter une perspective énonciative, en recherchant en particulier des indices de l’énonciation dans les textes, ou bien une approche interactionnelle (cf. Kerbrat-Orecchioni 2005), en mettant l’accent sur le déroulement de la communication et les règles d’organisation des échanges en contexte.
Étudier dans un texte l’oral représenté sollicite tous les niveaux de l’analyse linguistique, il faudra donc que les candidats soient en mesure de proposer des analyses aux niveaux suivants (liste non exhaustive) :
• niveau (typo)graphique : La séquence d’oral représenté et l’alternance des tours de parole sont-elles représentées par une ponctuation démarcative (guillemets, tirets, passages à la ligne) ? Quels moyens graphiques sont mis en oeuvre pour rendre à l’écrit des variations possibles à l’oral (intonation, intensité, durée, débit, cf. « schööön !!! » ou « SCHREI doch nicht so !!! ») ? On étudiera également la transcription graphique des variantes régionales (cf. schnokeloch/schnogaloch en alsacien).niveau prosodique : Comment la ponctuation permet-elle de rendre des pauses discursives, des hésitations (points de suspension) ou des émotions (point(s) d’exclamation) ?
• niveau morphologique : Certains temps et modes sont-ils particulièrement caractéristiques de l’oral représenté (par exemple, le parfait/présent de l’accompli de l’indicatif) ?
• niveau lexical et lexico-pragmatique : On se penchera sur les choix lexicaux qui accompagnent souvent les variations du style et du registre que l’on cherche à représenter (« Schweinerei » vs. « Niederträchtigkeit »), et sur le recours fréquent à la répétition. Par ailleurs, on étudiera de près les indices attestés selon les types d’oralité représentée, comme les interjections, particules modales et marqueurs discursifs, qui diffèrent qualitativement et/ou quantitativement selon la communication visée (cf. « Alter ! Was machst du denn hier ? », « Gibt’s doch nicht ! » ou bien « Oh Du meine Güte ! » schrie Frau Schulz).
• niveau syntaxique : Il s’agira d’étudier des faits de linéarisation marquée, fréquents dans le standard parlé, par exemple la dislocation adverbiale (Adverbialklammer : « Da hatten schon viele Hersteller Probleme mit »), la dislocation en prolepse (Referenz-Aussage-Struktur : « Diese Petersilie, die machen Sie überall drauf »), la dislocation en rappel (Aussage-Referenz-Struktur : « Dass man die Namen einfach so veräppelt, diese super Kosenamen da ») ou encore l’ordre spécifique des constituants après les conjonctions weil, obwohl, wobei (cf. « Obwohl… ich kann’s dir ja nicht so spontan sagen »).
• niveau textuel/discursif : La représentation de l’oral peut diverger selon le type de texte ou le genre discursif : les enchaînements thématiques sont par exemple plus ou moins libres ou contraintes, les chaînes référentielles plus ou moins longues. Le cas échéant, selon les informations rendues accessibles dans les textes, on pourra s’interroger sur la relation entre signes verbaux et paraverbaux (gestes, mimiques ; didascalies).
• niveau pragmatique/interactionnel: On s’intéressera aux traces de l’élaboration du discours à l’oral et leur représentation à l’écrit, telles que la segmentation du discours, la co-construction de l’énonciation, la syntaxe qui se met en place « en ligne », c’est-à-dire en temps réel et sans préparation préalable, ce qui provoque des effets d’anticipation et des disfluences (pauses, hésitations, reprises, recherche de mots, amorces, répétitions), parfois marqués explicitement : « Na ja … wie soll ich das erklären … Sehen Sie mal, wir waren damals ja noch so jung ... ».
Les candidats adapteront l’analyse de l’oral représenté aux textes (narratifs ou dramatiques) qui leur seront proposés, en tenant compte du contexte communicatif, des particularités énonciatives mises en scène (création d’effets d’interactivité dans les dialogues : tours de parole, co-gestion de l’énonciation), des types de variations représentés (variation régionale, sociale, stylistique), afin de montrer comment est créée l’illusion de l’oralité.