Marc Bloch universitaire résistant
Ancien élève de l'ENS de la rue d'Ulm, Marc Bloch enseigna dans les deux écoles normales supérieures de Fontenay-aux-Roses et de Saint-Cloud lorsqu'il fut élu maître de conférences en histoire économique à la Sorbonne en 36 puis professeur l'année suivante, et ce jusqu'à son engagement volontaire dans l'armée française dès 1939. Né à Lyon, Marc Bloch retrouva cette ville à la fin de la guerre lorsqu'il prit la responsabilité des Mouvements unis de la Résistance dans la région Rhône-Alpes. Arrêté le 8 mars 1944 par la Gestapo, il est emprisonné à la prison de Montluc où il est torturé. Il est exécuté le 16 juin 1944 non loin de Lyon, le 16 juin 1944. Son nom est aujourd'hui gravé sur la plaque commémorative des morts pour la France 1939-1945 qui fut installée à Lyon en 2000. Sur sa tombe située dans la Creuse, il a souhaité que soit gravée la formule « Dilexit Veritatem » : il chérissait la vérité.
Un historien majeur
Marc Bloch est une référence incontournable pour les historiens et plus largement pour les chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales, dont l'influence est déterminante. À la question de l'un de ses fils, « Papa, à quoi sert l'histoire ? », il répond en pleine clandestinité à travers la rédaction d'un essai intitulé Apologie pour l'histoire, ou métier d'historien. Dans cet ouvrage publié en 1949 par Lucien Febvre, avec qui il a fondé les Annales Histoire, Sciences sociales en 1929, il plaide pour une approche critique et pluridisciplinaire de l'histoire. L'histoire, comme les sciences sociales qui l'accompagnent, a pour objet de forger l'esprit critique et de rendre les hommes plus libres.
© Dunod
Le rayonnement de cette nouvelle approche est mondial, l'approche de Marc Bloch et de Lucien Febvre traverse l'espace et le temps. Traduit dans une vingtaine de langues, Marc Bloch a redéfini l'histoire pour des générations d'historiens : « une science des hommes dans le temps », ajoutant « l'histoire unit l'étude des morts à celle des vivants, ce n'est pas une science du passé, elle donne sens au présent ».
Un intellectuel engagé au service de la vérité et de l'esprit critique
Lors de la Première Guerre mondiale, le sergent Bloch consigne ses souvenirs et entreprend une réflexion historique sur la manière dont les croyances et l'inconscient collectif forment les opinions en tant de guerre. En 1921, il publie un article « Réflexion d'un historien sur les fausses nouvelles de la guerre », qui résonne étonnamment, plus d'un siècle après, avec les constats actuels sur la désinformation.
Après sa participation à la Bataille de France, il analyse les causes de la débâcle, qu'il attribue notamment à la faillite des élites et rédige L'étrange défaite en 1940.
Dans le testament qu'il écrit le 18 mars 1941, voici les mots qu'il transmet : « Je me suis, toute ma vie durant, efforcé de mon mieux, vers une sincérité totale de l'expression et de l'esprit. Je tiens la complaisance envers le mensonge, de quelques prétextes qu'elle puisse se parer, pour la pire lèpre de l'âme. Comme un beaucoup plus grand que moi, je souhaiterais que, pour toute devise, on gravât sur ma pierre tombale, ces simples mots, “Dilexit veritatem”. »
Un partenariat de l'ENS de Lyon, la Bibliothèque Diderot de Lyon et le Centre Marc Bloch à Berlin
À l'occasion de la panthéonisation de Marc Bloch, le Centre Marc Bloch a lancé toute une programmation scientifique et grand public en hommage à celui dont le centre porte le nom. Parmi les événements, une exposition « L'Histoire cherche son lieu », avec l'artiste Anaëlle Vanel, diplômée de l'École nationale des beaux-arts de Lyon. Cette exposition sera installée à l'ENS de Lyon fin septembre 2026 et l'une des œuvres acquise par l'École en vue d'être visible par toutes et tous dans la salle Histoire de la Bibliothèque Diderot de Lyon.
© Centre Marc Bloch
Les chercheuses et chercheurs de l'ENS de Lyon travailleront également à faire connaître l'influence de Marc Bloch en matière d'histoire et d'éducation.
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