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Élise Tendron reçoit le prix du mémoire de la Société Angliciste : Arts, Images, Texte, pour son mémoire de M2

Portrait d'Élise Tendron
Prix et distinction

Félicitations à Élise Tendron qui reçoit le prix du mémoire de la S.A.I.T. (Société Angliciste : Arts, Images, Textes), après avoir déjà obtenu le prix du mémoire de la Société Française Shakespeare en 2025.

Le prix du mémoire de la S.A.I.T. (Société Angliciste : Arts, Images, Textes), qui récompense le meilleur mémoire de M2 de l’année consacré aux études intertextuelles et intermédiales, a été attribué le 16 mars 2026 à Élise Tendron pour son mémoire de M2, intitulé « Contemporary Re-visions: Hogarth’s Afterlives in the Works of Lubaina Himid, David Dabydeen and Yinka Shonibare ». Ce mémoire a été réalisé sous la direction d’Isabelle Gadoin (Université Sorbonne Nouvelle) et co-examiné par Isabelle Baudino (ENS de Lyon) lors de sa soutenance qui a eu lieu le 30 juin 2025.

Résumé du mémoire

À l’occasion du tricentenaire de la naissance de William Hogarth en 1997 et des commémorations consacrées à l’œuvre du graveur, Mark Hallett a attiré l’attention sur le caractère figé de nombreux discours académiques portant sur l’artiste (« Hogarthomania and Print Culture », 1998). Selon lui, de telles approches de l’histoire de l’art restent largement ancrées dans la célébration de la figure de l’artiste canonique et dans des comparaisons éculées entre la production visuelle de Hogarth et le paysage littéraire de son époque. Mais que dire, alors, des personnages noirs représentés dans ses « sujets moraux modernes » ? Leur présence et leur rôle ont été largement négligés—peut-être parce qu'ils viennent troubler les interprétations traditionnelles de Hogarth, ou simplement parce qu’ils n’ont pas été jugés dignes d’intérêt.

Ce sont précisément ces figures marginalisées des gravures de Hogarth que les trois artistes contemporains étudiés dans ce travail choisissent de placer au premier plan : Lubaina Himid, dans son installation multimédia A Fashionable Marriage (1986/2014), David Dabydeen, dans son roman A Harlot’s Progress (1999), et Yinka Shonibare, dans sa série photographique Diary of a Victorian Dandy (1998). Chacun réinterprète une série de Hogarth avec un triple objectif : dénoncer l'enfermement des sujets noirs dans des représentations stéréotypées ; replacer ces figures au centre de leurs propres récits visuels et leur restituer une véritable agentivité ; et enfin, utiliser des œuvres du canon occidental comme une sorte de « matrice », c’est-à-dire comme un point de départ pour la superposition de nouvelles créations, au service de la construction d'une identité visuelle et artistique propre à la diaspora noire.

Les œuvres de ces artistes peuvent être ainsi être comprises comme de véritables « ré-visions » de l’œuvre de Hogarth. Ce sont des réappropriations qui font chacune appel à des médias différents, tout en invitant collectivement à une réévaluation critique du canon et de ses mécanismes d'exclusion. En lieu et place de ce canon, Lubaina Himid, David Dabydeen et Yinka Shonibare défendent une vision plus positive de la création artistique, ce qui leur permet d’inscrire leurs histoires personnelles et leurs productions visuelles dans les silences de l’histoire de l’art occidental.

En savoir plus sur Élise Tendron

Après une hypokhâgne avec spécialité Histoire des arts au lycée Clemenceau à Nantes et une khâgne, spécialité Anglais, au lycée Chateaubriand à Rennes, Élise Tendron a intégré l’ENS de Lyon en 2022. Elle est partie à l’étranger en tant que lectrice de français à King’s College London pendant son année de Master 1, tout en rédigeant en parallèle un premier mémoire, également en études intermédiales, portant sur la représentation visuelle de trois héroïnes tragiques du théâtre shakespearien—Cléopâtre, Cordelia et Ophélie—dans les arts graphiques du long XIXe siècle. Ce premier mémoire a été récompensé le 7 mai 2025 par le prix du mémoire de la Société Française Shakespeare. Dans le cadre de son Master 2 recherche, réalisé en 2024-2025, Élise a publié un article sur La Clé des langues, intitulé « Stepping out of the Frame: Re-visioning the Slave Narrative in David Dabydeen’s A Harlot’s Progress (1999) », qui a constitué le point de départ de son projet de recherche de Master 2, en lui faisant découvrir l’écriture de David Dabydeen et son rapport à William Hogarth. Se destinant à l’enseignement, Élise prépare actuellement l’agrégation externe d’anglais, option Littérature, à l’ENS de Lyon.

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