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Jean-Marie Gleize s’est éteint

Jean-Marie-Gleize
Actualité

Ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, poète, écrivain, critique, universitaire, Jean-Marie Gleize est décédé le 12 mars 2026. Il a été professeur de littérature moderne et contemporaine à l’École jusqu’en 2011. Il a également dirigé le Centre d’études poétiques de 1999 à 2009. 

Il a précisé dans la revue Vacarme la manière dont il concevait son travail : «« Mes activités de professeur d’université et d’écrivain sont absolument associées. Mon travail personnel d’écriture est lié à mon œuvre critique, à la façon dont j’essaie de comprendre le devenir de la littérature moderne, la “proséisation” de la poésie, de Lamartine à nos jours. En tant que critique, j’ai toujours essayé de lire et d’analyser les textes dans la perspective d’une transformation progressive de la langue. Et j’inscris mon travail dans cette perspective, celle du changement des formes et d’une pensée des ruptures. Nioques, dont le titre est emprunté à Francis Ponge (très engagé dans la “refonte de l’industrie logique” après la poésie) est un prolongement collectif de ce travail. »

Il était membre du comité d’organisation du colloque et de l’exposition Politiques de Ponge en 2012, organisé à la suite de la donation du fonds Ponge. Il restait et restera une voix très présente tant pour ses anciens collègues et étudiants que pour la création et l’édition poétique. Son dernier ouvrage TRNC, Reprises et suites est paru aux Presses du Réel en octobre 2025.  

La directrice du département des Lettres et Arts, Corinne Bayle Goureau, rappelle à son propos : « Son nom reste attaché au littéralisme qu’il a promu (ce courant privilégiant le sens littéral des mots et l’expression formelle), en une époque où la poésie contemporaine suscitait passions et controverses. Plus qu’un anti-lyrique, il a surtout été un amoureux inconditionnel de la langue et de toute la poésie : sa pensée du poème s’est fortifiée dans la lecture de Ponge, de Rimbaud, mais aussi de Lamartine, de Hugo, de Corbière, d’Artaud ou, tout proche de lui, Denis Roche. La déflagration de certains de ses essais, tel A noir. Poésie et littéralité, est intacte aujourd’hui. Dans les textes avec lesquels il dialoguait, il voyait en écrivain ce que peu de lecteurs avaient su remarquer : la force de frappe du poème dans l’Histoire.

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