Kenza Elass, chercheuse postdoctorale au sein du CERGIC, a remporté le prix « Young Researcher Prize », décerné par l'Université du Luxembourg pour son article : « What Do Women Want in a Job? ».
« Rigoureux, ambitieux, pertinent sur le plan politique et novateur sur le plan méthodologique » : tels sont les mots utilisés par le jury pour qualifier le travail de Kenza Elass, chercheuse postdoctorale à l'ENS de Lyon, au sein du CERGIC – Center for Economic Research on Governance, Inequality, and Conflict – lorsqu’elle a remporté le prix « Young Researcher Prize ».
Celui-ci lui a été décerné par l'Université du Luxembourg, à l'occasion du 5th Workshop in Gender and Economics, le 26 mai 2026, pour son article : « What Do Women Want in a Job? ». Un article qui lui avait déjà valu une récompense en septembre 2025, lorsque l'Italian Society of Public Economics (SIEP) lui avait attribué le prix Etta Chiuri, et qui lui a également permis de compter parmi les finalistes du Distinguished CESifo Affiliate Award in Labor Economics en mai 2026. C’est dans ce cadre que nous avons recueilli son témoignage et évoqué avec elle la nature de ses travaux en cours et à venir au sein du CERGIC.
Que représentent ce nouveau prix et ces différentes reconnaissances pour vous ?
La carrière académique, surtout à ses débuts, repose largement sur les retours critiques et les pistes d'amélioration, tandis que les marques de reconnaissance restent rares. C'est d'autant plus vrai en sciences économiques, où les processus de publication sont très longs.
Recevoir ces prix a donc été un vrai moment de fierté. C'est très gratifiant de constater que ma recherche a une portée concrète et qu'elle est jugée utile, aussi bien pour d'autres chercheurs que pour les acteurs des politiques publiques. Ce sont aussi des moments où j'ai ressenti une profonde gratitude envers mes mentors, et l’occasion de les remercier pour leur temps et leurs conseils, qui sont précieux pour des chercheurs en début de carrière comme moi.
En quoi consistent vos travaux de recherche et plus particulièrement l’article pour lequel vous venez d’être distinguée ?
Je travaille sur le thème des inégalités sur le marché du travail et sur les déterminants des choix professionnels : le métier, le lieu de travail, ou encore l'employeur.
Cet article s'intéresse plus précisément aux comportements genrés de recherche d’emploi, à partir de données administratives françaises, notamment celles de France Travail. On observe par exemple que les femmes cherchent des emplois plus proches de leur domicile, acceptent des salaires plus faibles que les hommes et visent des métiers différents.
Dans cet article, je montre qu'une hausse de l'aide à la garde d'enfant en France (le complément de mode de garde) offre aux mères concernées davantage de flexibilité dans leur recherche d'emploi et améliore la qualité de leur réemploi.
Mes résultats montrent toutefois que cet effet positif n'apparaît que là où l'offre de garde privée concernée est la moins contrainte. Ces résultats soulignent la nécessité de combiner les politiques de réduction du coût de la garde d'enfant avec une politique d'expansion de cette offre.
Quelles seront les prochaines étapes ?
Mes prochains travaux portent sur la façon dont les écarts entre femmes et hommes, bien présents dans les données du marché du travail, se retrouvent dans les recommandations de l'intelligence artificielle générative, qu'il s'agisse de suggestions de salaire ou d'évaluation de CV. Plus largement, mon agenda de recherche vise à mesurer l'ensemble des bouleversements que le déploiement massif de l'IA générative pourrait entraîner sur des écarts d'emploi et de salaire déjà existants.
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