Laure Saint-Raymond, mathématicienne, membre de l’Académie des sciences et professeure à l’ENS de Lyon et à l'Institut des hautes études scientifiques, a été nommée, cet été, professeure titulaire du Collège de France, sur la chaire « Mathématiques pour la modélisation des fluides ». Crédit vignette : © IHES par Chris Peus
Toutes nos félicitations à Laure Saint-Raymond ! Mathématicienne, membre de l’Académie des sciences et professeure à l’ENS de Lyon et à l'Institut des hautes études scientifiques, elle a été nommée, le 25 juin 2026, professeure titulaire du Collège de France. Elle prendra ses fonctions le 1er octobre 2026 sur la chaire « Mathématiques pour la modélisation des fluides ».
« Beaucoup de défis à relever »
« Cette nomination représente pour moi un tournant, l'occasion de me renouveler, a commenté Laure Saint-Raymond. À la fois dans mon environnement de recherche, même si je compte garder un pied ici, à l'ENS de Lyon, où j'ai plaisir à collaborer avec mathématiciens et physiciens ; et dans ma façon de faire de la science : j'aspire à un fonctionnement plus collectif, avec un vrai souci de synthèse et de transmission, et une plus grande ouverture sur des publics moins experts. »
Recrutée à l’issue d’un parcours de sélection exigeant, Laure Saint-Raymond a déjà une vision très claire de ce qui l’attend et aborde ce nouveau challenge avec beaucoup d’entrain : « Le processus de recrutement comprend notamment une rencontre individuelle avec chacun des professeurs du Collège de France, ce qui m'a permis de mieux comprendre les missions et le fonctionnement de cette institution très singulière, raconte-t-elle. Il y a beaucoup de défis à relever, notamment celui de faire un cours original chaque année, et celui de s'adresser à un public très éclectique. Je trouve cela impressionnant, voire même un peu stressant, mais aussi très enthousiasmant. »
De l’ENS au Collège de France
Mathématicienne de renommée internationale, Laure Saint-Raymond a rejoint l’École normale supérieure de Paris en 1994, d’abord comme élève. Elle y a obtenu deux DEA, en mathématiques appliquées et en physique des plasmas, avant de soutenir, en 2000, une thèse de mathématiques appliquées consacrée à la théorie cinétique des gaz et des plasmas, sous la direction de François Golse.
Après un début de carrière au CNRS et à l’Université Pierre-et-Marie-Curie, Laure Saint-Raymond est devenue professeure à l’ENS de Paris, où elle a également exercé des responsabilités de direction. En 2016, elle a rejoint l’ENS de Lyon comme professeure. Elle y a intégré l’Unité de mathématiques pures et appliquées (UMPA), où elle a développé ses activités de recherche et d’enseignement. De 2021 à 2026, elle a exercé comme professeure à l’Institut des hautes études scientifiques (IHES) tout en conservant son rattachement et des activités d’enseignement à l'ENS de Lyon. Puis, elle a été nommée, en juin 2026, professeure titulaire au Collège de France.
Ses recherches portent notamment sur les équations aux dérivées partielles décrivant les gaz, les plasmas et les fluides, domaine où elle a apporté une contribution majeure au sixième problème de Hilbert, défi scientifique d’ampleur, qui cherche à établir les fondements mathématiques de la mécanique.
Des travaux qui lui ont valu une impressionnante succession de prix et de distinctions, parmi lesquels le prix de la Société européenne de mathématiques (2008), le prix Ruth Lyttle Satter de l’American Mathematical Society (2009), le prix Irène Joliot-Curie « Jeune femme scientifique » (2011), le prix Fermat (2015), le prix Bôcher de l’American Mathematical Society (2020) ou encore prix Tullio Levi-Civita (2023).
Élue à l’Académie des sciences en 2013, puis membre de la National Academy of Sciences américaine en 2022, elle compte ainsi un nombre exceptionnel de récompenses et de reconnaissances internationales.
Une nouvelle chaire consacrée à la modélisation des fluides
Dans le cadre de sa nomination au Collège de France, Laure Saint-Raymond occupera la chaire « Mathématiques pour la modélisation des fluides », nouvellement créée.
« Son activité portera sur la modélisation mathématique des fluides, et plus spécifiquement des fluides géophysiques qui ont la particularité d’impliquer de nombreuses échelles de temps et d’espace, et d’avoir une forte anisotropie, précise sa page dédiée sur le site du Collège de France. Cette anisotropie, qui ici est une asymétrie entre les directions horizontale et verticale, a trois sources principales : la géométrie des bassins océaniques dont le rapport d’aspect (profondeur/étendue horizontale) est extrêmement petit ; la rotation de la Terre qui impose une forte rigidité verticale au fluide ; la stratification verticale en densité, salinité et température.
L’objectif des recherches de la chaire est d’aborder cette complexité en isolant les phénomènes dominants à chaque échelle, et en introduisant des modèles mathématiques élémentaires pour chacun de ces phénomènes. Tandis que l’activité d’enseignement de la chaire a pour but de faire une synthèse des avancées récentes sur ces sujets […]. »
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