14h
Mme Maëlys BAR du Centre Max Weber, sous la direction de Mme Christine DÉTREZ
Résumé de la thèse
Cette thèse s'intéresse à la pratique de la césarienne en France, du côté des professionnels de santé et des femmes qui la vivent. Elle se fonde sur des matériaux de nature variée : observations dans un service d'obstétrique d'un hôpital public de niveau III, entretiens avec des femmes ayant vécu une césarienne et des professionnelles et professionnels de la naissance, corpus d'ouvrages de préparation à la naissance, directives et recommandations nationales et internationales en matière de césarienne. Elle cherche à comprendre comment le recours à la césarienne s'inscrit dans la prise en charge de l'accouchement en France et dans l'expérience des femmes qui la vivent. Derrière des taux de césarienne relativement stables en France depuis une vingtaine d'années (une naissance sur cinq), elle montre que cette dernière, à la faveur de synergies sanitaires, économiques et sociales, fait l'objet d'une régulation active pour contrôler sa pratique et réaffirmer la norme de l'accouchement par voie basse. Cette régulation, qui opère à différents niveaux et par différents dispositifs, cadre les vécus d'accouchement des femmes qui en font l'expérience. Du côté des femmes, en filigrane de la diversité des vécus et des configurations, la césarienne est une expérience physique socialement façonnée : elle constitue un écart à la norme de l'accouchement par voie basse, auquel elles doivent s'adapter. La façon dont elles négocient cet écart et l'adhésion –ou la résistance- aux décisions des médecins est modulée par leurs caractéristiques socio-économiques, leur proximité au milieu médical mais aussi leur trajectoire biographique et leur carrière de maternité.
Gratuit
Disciplines
