Le souci de comprendre les relations entre géographie et droit naît au début des années 1990, dans un contexte particulier. La « nouvelle géographie » avait cherché à établir des lois de l’espace : cette approche fondait la légitimité de recherches nomothétiques. Quelles relations pouvait-on établir entre les lois de l’espace et les lois positives ? Politiquement, la période était propice à ce type de recherches : les réformes néo-conservatrices des années 1980 aux USA et au Royaume- Uni commençaient à faire sentir leurs effets dans tous les compartiments de la société. Certains géographes précurseurs cherchent alors à éclairer la manière dont les systèmes normatifs orientent la géographie des sociétés. Il ne s’agit plus de décrire le « cadre juridique » des phénomènes socio-spatiaux ou des politiques publiques, mais d’analyser le caractère opérant du droit dans la production et l’expérience de l’espace.
L’approche géolégale (AGL) entre dans une phase de stabilisation, après plusieurs décennies de fourmillement intellectuel. Le cours fournit une introduction à ce champ de recherche, en associant présentations générales, discussions d’articles ou d’ouvrages, et études de cas.