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Arts (cinéma) et écocritique. Formes de la catastrophe, d’Asie et d’ailleurs

Dates
Du lun 06 déc 2021 au mer 08 déc 2021
Lieu(x)

Lundi 6 décembre – Théâtre Kantor
Mardi 7 décembre – D8001 site Buisson
Mercredi 8 décembre – Amphithéâtre Descartes

Intervenant(s)

Voir le programme ci-joint

Langue(s) des interventions

Description générale

Depuis les textes pionniers de Rachel Carson (Silent Spring, 1962) définissant son champ et les premiers usages en études littéraires du terme « écocritique » (Barry, Rueckert 1978) jusqu’aux interrogations actuelles sur la perspective écocritique en arts après l’accélération du réchauffement climatique et les catastrophes violentes en chaîne de ces vingt dernières années (Fukushima, crises de la biodiversité, fonte des glaciers et de la calotte glaciaire, méga-feux, typhons, inondations et glissements de terrain, etc.), l’esthétique a été profondément reconfigurée par les enjeux environnementaux. L’ambition de ce colloque est de proposer un espace de réflexion collectif pour ces enjeux contemporains de l’écocritique, en choisissant trois accentuations de ce champ problématique. Tout d’abord, en plaçant le cinéma au coeur d’une réflexion esthétique qui le dépasse largement, pour partir du statut de son statut d’art prototypique de l’anthropocène (Jennifer Fay 2019). Ensuite en prenant au sérieux la nécessité d’une pensée locale, et donc en partant des questionnements esthétiques qui parcourent le champ des études aréales asiatiques de notre laboratoire l’Institut d’Asie Orientale. Enfin, en plaçant au coeur de nos réflexions la question de la catastrophe et de la manière dont elle atteint nos formes de vie.

De nombreuses recherches ont démontré la valeur heuristique de l’étude des catastrophes et de leur présence dans la culture visuelle et artistique en général. Ressaisie par « l’évènement anthropocène » (Bonneuil/Fressoz 2013), la réflexion sur la représentation des catastrophes environnementales nous invite à penser « l’habitabilité du monde » (Lussault 2013) comme critère premier de mesure et de compréhension de notre rapport au monde. Dans un monde durablement abîmé le cinéma et les autres arts sont conduits aux limites des logiques « représentationnelles » et mis au défi de nous réapprendre à percevoir, à voir, à comprendre notre rapport à ce monde aux coordonnées bouleversées (Timothy Morton 2013).

Cette manifestation scientifique aura pour double objectif de témoigner de la pluralité des formes artistiques mettant en scène des formes de vies abîmées et transformées par les catastrophes environnementales, climatiques, politiques (souvent de manière intriquée) et de créer un espace commun de réflexion sur les enjeux de l’écocritique dans le champ des humanités environnementales. Il s’agira enfin de considérer les enjeux éducationnels de l’écocritique : comment les modulations esthétiques du registre de l’attention et de la perception modifient notre compréhension et notre manière de nous lier à soi-même, aux autres (humains et non-humains) et au monde.

Le pari consiste à chercher dans l’écocritique comme méthode de lecture des oeuvres à l’aune de leurs enjeux environnementaux des réponses ou des expressions possibles des grandes questions des humanités environnementales. En explorant les relations entre productions esthétiques et environnement et en dotant l’étude des textes, des images, des sons et des films d’outils analytiques l’écocritique s’imposerait comme le lieu de contributions majeures au débat sur l’anthropocène.

En outre, l’exploration de ces questions à partir de l’ère asiatique répond à la nécessité d’ordonner aujourd’hui l’esthétique de l’anthropocène au local, au proche, à l’ordinaire, en réponse à l’esthétique du sublime qui domine les « représentations de la catastrophe » depuis le XVIIIème siècle (Fressoz 2016). Cette focalisation permettra d’aborder différents problématiques environnementales et climatiques (le nucléaire, les tremblements de terre, tsunamis, typhons, glissements de terrain, montées des eaux) et politiques (spoliations des terrains, destructions des habitats, déforestation, colonisation).

Comité d’organisation :
Élise Domenach & Clément Dumas

Comité scientifique :
Catherine Larrère (présidente, Univ. Paris 1), Vincent Amiel (Univ. Paris 1), Stéphane Grumbach (ENS Lyon), Teresa Castro (Univ. Paris 3), Livia Monnet (Univ. Montréal), Bénédicte Meillon (Univ. Perpignan), Lucia Ramos Monteiro (Univ. Federal Fluminense). 

Avec le soutien de l’Institut d’Asie Orientale (UMR 5062), du fonds de la recherche de l’ENS de Lyon, de l’Institut Acte (EA 7539), et du Centre d’Études et de Recherches Comparées sur la Création (EA 1633). En partenariat avec le Taiwan Film and Audiovisual Institute & Taiwan Docs, et le Festival International du Documentaire de Taiwan.

Gratuit
Mots clés