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L'essor de la pensée juridico-politique sur l'état d'exception dans l'entre-deux guerres en France et en Allemagne : une génèse de l'état d'exception comme enjeu pour la démocratie.

Soutenance de thèse

Lundi 21 nov 2011
14 h 00
Marie GOUPY - Laboratoire TRIANGLE

Intervenant(s)

Marie GOUPY - Laboratoire TRIANGLE

Description générale

Les droits français et allemand ont, par des dispositions constitutionnelles ou des lois d'exception, contribué à l'avènement des régimes autoritaires des années 30 et 40. Et l'on sait qu'à la suite de la seconde guerre mondiale, les attaques se sont multipliées contre la doctrine positiviste, accusée d'avoir favorisé une attitude de passivité à l'égard de l'instrumentalisation du droit par les forces antidémocratiques. C'est pourquoi il est assez généralement admis depuis que les valeurs de la démocratie méritent d'être défendues à l'encontre de la neutralité des théories juridiques et politiques de l'avant-guerre, en particulier en distinguant l'état d'exception (légal ou non) démocratique de l'état d'exception antidémocratique. Or, loin de naître après la seconde guerre mondiale, l'idée d'après laquelle le formalisme juridique rendrait les constitutions démocratiques impuissantes à se préserver de leurs ennemis émerge dès l'entre-deux guerres chez le sulfureux juriste allemand Carl Schmitt. C'est la genèse du déplacement qui conduit à faire de l'état d'exception une question proprement démocratique et substitue à la question du respect de la légalité celle de la préservation de la démocratie qui fait l'objet de notre travail de doctorat. Nous examinons d'abord comment les conflits qui scindent la réflexion juridique portant sur les pouvoirs de crise répondent en France à la crise du parlementarisme en prenant appui sur les travaux de Hauriou, Duguit et Carré de Malberg ; nous montrons ensuite qu'elle correspond en Allemagne à de véritables alternatives opposant des conceptions antinomiques de la démocratie en prenant appui sur les travaux de Schmitt, que nous éclairons par l'étude des auteurs auxquels le juriste fait référence - en particulier Kelsen.

Complément

ENS de Lyon - Site Descartes - Salle F 005