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Diriger le laboratoire ICAR après le confinement

bureau d'Isabel Colon de Carvajal
Actualité

Résumé

Le point de vue d'Isabel Colón de Carvajal, directrice adjointe du laboratoire ICAR.

Description

Le laboratoire ICAR en quelques chiffres

L'ICAR compte environ 135 membres :
- 45 chercheurs ou enseignants-chercheurs en activité
- 20 personnels techniques et administratifs
- 70 doctorants et post-doctorants

 

Comment envisagez-vous l'activité de votre laboratoire dans les mois qui viennent (recherche mais aussi organisation) ?

Le laboratoire ICAR (Interactions Corpus Apprentissages Représentations) est un laboratoire de sciences humaines et sociales hébergé sur le site Descartes de l’ENS de Lyon. Depuis les informations sur le plan de reprise d’activités données par le VP Recherche, Thierry Dauxois, nous envisageons clairement l’activité de notre laboratoire en mode dégradé jusqu’au mois de septembre, voire même au-delà. Il est important pour Pierluigi Basso (directeur d’ICAR, professeur à l’Université Lyon 2) et moi, en tant que direction du laboratoire, de préparer les collègues à cette éventuelle organisation de travail et les accompagner au mieux dans la réalisation de leurs activités à court et moyen termes.

Du point de vue organisationnel, l’ensemble de notre personnel d’ICAR est en capacité de télé-travailler, ce qui est plutôt rassurant pour nous. Nous envisageons malgré tout, et ce jusqu’à la fermeture administrative de cet été, des accès ponctuels à la demande de certains collègues pour récupérer des documents ou matériels nécessaires et maintenir ainsi leurs activités à distance. Nous prévoyons aussi d’autoriser l’accès à quelques doctorants et stagiaires à leur bureau, à raison d’une à cinq demi-journées par semaine maximum, car après avoir réalisé une enquête auprès d’eux, nous avons eu connaissance d’environnement de travail difficile pour certains d’entre eux. Dans l’ensemble, les accès aux bureaux d’ICAR seront planifiés à l’avance, par demi-journée, et nous nous assurerons que les consignes seront respectées par les quelques personnes ponctuellement présentes dans les locaux.

Du point de vue de la recherche, la période de mai-juin-juillet à ICAR, comme dans de nombreux autres laboratoires, est notamment celle des commissions de recrutement, des comités de suivi de thèse, des entretiens annuels des agents et des soutenances de thèse. Il est donc important pour nous de superviser ces activités-là pour proposer aux collègues des solutions satisfaisantes pour tous les acteurs concernés. Sur demande, on prévoit donc de donner l’accès à notre grande salle de réunion permettant de réunir 3 personnes seulement, en respectant les distances sanitaires. Les soutenances de thèses pourront ainsi avoir lieu en partie en présentiel (avec le.la directeur.rice de thèse, le.la doctorant.e et éventuellement le.la président.e du jury), et en partie à distance (le reste du jury). Les comités de suivi de thèse auront lieu intégralement à distance, par visio ou téléphone, et seulement pour des cas exceptionnels, nous organiserons l’entretien en présentiel (2 membres + le.la doctorant.e).
Sinon, de manière générale, le reste des activités du laboratoire se poursuivront à distance, en visioconférence, par mail, par téléphone, comme nous le faisons toutes et tous depuis mi-mars.

Y a-t-il des activités de recherche qui sont plus faciles à mener que d'autres ? Avez-vous adopté, grâce au confinement, de nouvelles techniques managériales ? Les conserverez-vous ?

La question n’est pas si évidente pour nous, car Pierluigi Basso et moi avons pris la direction d’ICAR le 14 février 2020, soit à peine un mois avant le confinement. Je dirais donc que nous adoptons des nouvelles techniques managériales depuis mi-mars.

Heureusement, nous pouvons compter sur l’efficacité de notre secrétaire générale, Lucie Bujon, qui nous aide beaucoup dans le suivi des dossiers clés depuis le mois de mars. Elle fait un point régulier avec les gestionnaires administratifs, et le personnel CNRS sous sa responsabilité. Tous les trois, nous faisons également un point hebdomadaire en visio pour partager les informations importantes reçues chacun de notre côté, et pour régler des demandes en attente. L’un des avantages que je vois à la situation actuelle c’est d’être trois à surveiller les nombreuses informations qui circulent par mail, qu’elles viennent de l’ENS de Lyon mais aussi de Lyon 2 ou du CNRS. Cela permet d’être plus réactif et de traiter dans les temps les différentes demandes. Nous partageons une adresse mail commune qui nous permet de partager les informations importantes à connaître ou à traiter, et de se répartir les tâches plus rapidement.

Sinon, nous avons utilisé un outil d’enquête pour questionner par exemple les doctorants de notre laboratoire sur leurs conditions de travail pendant le confinement. Je pense que cet outil pourrait être utilisé par la suite, même au-delà de la crise sanitaire, pour recenser des informations rapides sur des points précis sur notre personnel.

Enfin, concernant des activités de recherche plus faciles à mener que d’autres, je dirais qu’une grande partie d’entre elles reste facilement gérable à distance, car par la visio ou le téléphone, on va à l’essentiel finalement. Aussi, en temps normal, nous avions l’habitude de gérer plusieurs choses à distance puisque nous sommes déjà bien pris par nos cours ou d’autres réunions.

Est-ce que le Covid-19 ou le confinement ont influencé les sujets de recherche du laboratoire ? Nouvelles recherches, nouvelles orientations sur une recherche en cours, nouveaux regards, etc.

Une partie de la recherche de notre laboratoire s’intéresse aux interactions en situation de classe, à l’école, à l’université. La situation actuelle a donc obligé les enseignants à adapter leurs modes d’enseignement et à utiliser différents outils numériques pour assurer la continuité pédagogique avec leurs classes. En partenariat avec Zeynab Badreddine, collègue docteure en sciences de l’éducation d’ICAR, aujourd’hui installée aux États-Unis, nous avons donc sollicité les collègues du laboratoire pour capter, enregistrer ces moments d’enseignements, de suivis pédagogiques à distance, pour apprendre des adaptations de chacun et à terme, après analyse, aider les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques.

Ce projet commence tout juste bien sûr, mais il était important pour ICAR, dont l’un des axes de recherche concerne le domaine des sciences de l’éducation, de répondre favorablement à cette demande de collaboration, avec dans un premier temps, une collecte de données, pendant les courtes semaines où les collègues volontaires avaient encore cours.


portraitIsabel Colón de Carvajal

Maître de conférences en Sciences du langage. Directrice adjointe du laboratoire ICAR.

Ses thèmes de recherche : Dans la perspective de l'ethnométhodologie et de la linguistique interactionnelle, ses travaux portent sur l’analyse des interactions orales en situation médiée par des objets (interaction par écran, interaction en situation de jeux vidéo, de jeux de société) ; mais aussi dans le contexte de la santé (interaction entre des personnes atteintes de pathologies langagières et leurs aidants, interaction entre professionnels de santé pendant les relèves infirmières). Ses recherches tiennent compte également de l'étude de la multimodalité (gestes, regards, actions) des intervenants dans ces deux contextes.

 

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