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Actualité de l'ENS de Lyon

Diriger l'IAO pendant le confinement

Bureau pendant le confinement
Actualité / Interview

Résumé

Le point de vue de Béatrice Jaluzot, directrice de l'Institut d'Asie Orientale (IAO).

Description

 

Au bout de 3 semaines de confinement, comment cela se passe ?

Ça se passe plutôt pas mal. Pour assurer les contacts réguliers, 3 types d’outils ont été mis en place : une simple liste mail d’échanges, un visio-café 2 fois par jour (9h et 14h, comme d’habitude) et la réunion informelle "staff meeting" du lundi est maintenue en visio, le tout grâce à Jitsi meet. À ma surprise cela fonctionne bien : les contacts réguliers et hebdomadaires sont maintenus. Et cela a même pour effet de communiquer avec des collègues qui ne peuvent jamais participer à ces rencontres habituelles car ils n’habitent pas à Lyon et interviennent sur d’autres lieux que Descartes. Il y a même eu des échanges entre personnes qui ne s’étaient jamais vues.

Pour les conférences, j’en ai donné une à distance pour l’INALCO (sur l’entrée en vigueur de la réforme du droit des obligations au Japon) le 26 mars et là encore même surprise : des auditeurs nous ont rejoint alors qu'ils n’auraient jamais pu y assister si elle n’avait pas eu lieu avec les moyens numériques. Cela donne une nouvelle dimension à nos échanges. Le prochain séminaire de l’IAO (intervention de Matthias Hayek, Vendredi 24 avril 2020, Ni science, ni religion : inventer les superstitions dans le Japon du début du XXe siècle) devrait aussi se tenir sous cette forme et ce sera un essai.

Nous avons passé pas mal de temps à découvrir ces nouveaux outils et à les expérimenter. Heureusement, nous avons des informaticiens au sein du labo qui sont formidables !

Pour l’activité, comme nous avons une forte implication pédagogique, une importante partie de notre temps – et de notre énergie – est employée à effectuer un suivi rapproché de nos étudiants qui étaient ou sont encore en Asie (notamment une partie de ceux qui sont au Japon ont choisi d’y rester) et à adapter les formations aux nouvelles circonstances : cours à distance, adaptation des sujets de mémoire, suivi des conventions de stage.

Est-ce que le Covid-19 a eu un impact sur la recherche scientifique ? est-ce que de nouvelles orientations ont été prises ? de nouveaux objets de recherche ont émergé ?

Sur le plan de l'organisation matérielle et pratique de la recherche, un certain nombre de conséquences est perceptible, qui sont parfois néfastes. L'un de nos chercheurs témoigne : "Franchement la recherche sans ma documentation dans mon bureau, sans les outils de travail à distance de la bibliothèque et le calme de l'ENS de Lyon ça n'est pas évident du tout".

Les doctorants sont pour leur part en situation plus difficile, Pierre-Emmanuel Bachelet nous a fait part de ses préoccupations à ce sujet : "L'impact est évidemment extrêmement fort, plus ou moins selon les disciplines. Les chercheurs qui ne sont pas habitués à travailler à la maison en sont les principales victimes. La sociabilisation professionnelle comme personnelle tente de se reconstruire via des visio-conférences, des réunions, des échanges en ligne et c'est aussi le cas à l'IAO. Les autres labos et les autres facs semblent faire la même chose. On voit également des séminaires maintenus via visio-conférence. Par ailleurs, je suis actif sur une communauté en ligne de doctorantes et doctorants (via Discord) et je vois beaucoup de souffrance, de doute et d'angoisse. Presque tout le monde a des difficultés à travailler et à avancer, à trouver la motivation et s'inquiète pour la suite. Donc en ce qui concerne l'activité des jeunes chercheurs, il y a sans conteste une baisse du moral et par conséquent une baisse de l'activité. Par contre le fait de pouvoir échanger malgré le contexte de confinement fait du bien à tout le monde."
En résumé,  nous serons heureux de pouvoir regagner l'ENS et son confort de travail !

Concernant les objets de la recherche, la pandémie et la crise générale qu'elle engendre est devenue le principal sujet de nos échanges. Ceux-ci sont pour le moment informels et nous suivons avec attention l’évolution dans nos pays respectifs. Ceci est notamment facilité par l'action de nos documentalistes : un abonnement de la bibliothèque à un magazine d’actualité japonais en langue anglaise (Asian Nikkei Shinbun) nous est transmis quotidiennement par notre "documentaliste Japon", Miyuki Yamamoto. De son côté, François Guillemot communique aussi régulièrement les informations les plus importantes sur le Vietnam sur son carnet de recherche Mémoires d’Indochine.
 

Un fil a été créé sur le blog du labo : Asie orientale et coronavirus afin de rassembler les informations qui concernent nos pays. Nous avons aussi Zhang Yu, une chargée de communication incroyablement réactive !


Du côté de l'anthropologie, Claire Vidal nous indique qu'elle a entendu dire que plusieurs projets de recherche sur le Covid-19 en Chine (avec une approche comparative intégrant la France/Europe) sont en train d'être imaginés, mais les porteurs des projets sont pour l'instant au stade de mise en réseau. Plusieurs anthropologues spécialistes des catastrophes et des zoonoses ont été contactées. D'ailleurs, un jeune docteur, anthropologue, spécialiste de la Chine vient d'obtenir un post-doc sur le sujet. Tout cela est à suivre.

Pour les autres disciplines tout est ouvert, ainsi que l'exprime Arnaud Nanta "Pour ce qui est des autres questions sur la recherche, je pense qu'il est vraiment très tôt pour juger des nouvelles orientations. Rien qu'en Europe, je vois de multiples "projets" de SHS naître en ce moment autour du covid19 et des épidémies. Mais reste à voir s'ils seront effectivement concrétisés… Pour ce qui est des sciences dures, c'est une autre question".

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les us et coutumes des pays d’Asie, sur la Chine en premier lieu, concernant le port du masque ?

Les pratiques sont diverses d'un pays à l'autre, le port du masque médical s'est généralisé dans toute l'Asie.

Au Japon c'est une pratique extrêmement courante, qui appartient au quotidien depuis plusieurs décennies. Selon Arnaud Nanta, le masque a commencé à s'imposer dans le pays après la grippe espagnole (380 000 morts au Japon), et c'est aussi à ce moment qu'a commencé le débat sur l'utilité du masque pour protéger la personne ! C'est un geste tout à fait conforme aux traditions japonaises largement hygiénistes. On s'accorde à dire qu’elles contribuent fortement à freiner la propagation de la maladie : les Japonais se saluent à distance par une inclination du buste, ils portent des masques dès qu’ils pensent porter des germes nocifs pour leur entourage, ils prennent un bain quotidiennement, se déchaussent dès qu’ils entrent dans un lieu privé, y compris les cabines d’essayages des boutiques. Miyuki nous donne son sentiment à ce propos :  "Je peux répondre uniquement comme impression personnelle. Il me semble qu'il y avait des gens portant un masque pour éviter la pollution de l'air (des années 60-70). Ensuite vers la fin des années 70, le rhume des foins (花粉症) a commencé à faire fureur et beaucoup de malades se sont mis à porter un masque. J'ai quitté le Japon en 1988 et je ne sais pas ce qui s'est passé après, mais le port du masque chez les jeunes filles est devenu courant. C'était sans doute par nécessité au départ (à cause de l’allergie par exemple) mais beaucoup portent un masque en dehors de la saison des allergies et je ne comprends pas ce phénomène. Elles se maquillent parfaitement et portent un masque comme si elles voulaient cacher ou protéger leur maquillage." J'ai entendu dire que chez les Japonais, pour se cacher le visage, on laisse les yeux découverts et on couvre la partie basse du visage. Alors que chez les Occidentaux, les gens portent les lunettes noires pour couvrir les yeux... à vérifier ;-)

En Chine, la pratique remonte au début du XXe, Marie Laureillard le rappelle. Les masques sont utilisés depuis plus d’un siècle dans le but d’améliorer l’hygiène et la santé.  Leur usage est attesté dans le domaine médical dès les années 1910 : le médecin malais-chinois Wu Lien-teh se servit d’un modèle de masque qu’il inventa lui-même en coton enveloppé de gaze lorsqu’une épidémie de peste pneumonique se déclara dans le nord-est du pays. Ce fut le modèle utilisé en Chine jusqu’en 2003, lorsque se déclara l’épidémie de SRAS : de nouveaux modèles plus efficaces furent alors conçus.  À l’époque républicaine (1912-1949), la Chine connut des épisodes de choléra, variole, diphtérie, typhoïde, scarlatine, rougeole, malaria, dysenterie. La seule ville de Shanghai subit 12 épidémies de choléra entre 1912 et 1948. Dans le Paris de l’Extrême-Orient, les masques faciaux étaient présentés comme des accessoires de mode afin d’encourager leur usage. Les revues contemporaines montraient des femmes portant un masque pour donner l’exemple d’une bonne hygiène, en faisant le symbole d’une classe sociale urbaine et éduquée. Durant la guerre sino-japonaise à partir de 1937, les masques deviennent une protection essentielle contre les armes chimiques et biologiques.

Image extraite de la revue Manhua jie 漫画界 (1936).
Image extraite de la revue Manhua jie 漫画界 (1936).

La femme : "Chéri, pourquoi portes-tu un masque aujourd’hui ? Pour te protéger d’une épidémie ?"
L’homme : "Pour me protéger de tes baisers continuels" (Voir la source)

Zhang Yu, notre documentaliste nous rappelle ses souvenirs : "Je me souviens qu'avant, les Chinois du Nord utilisaient aussi des masques en tissu l’hiver pour se protéger les joues du froid, un peu comme une écharpe aujourd’hui. Ces dernières années, cela devient une habitude de porter des masques afin de se protéger contre la pollution de l'air. Une personne qui porte un masque ne signifie pas qu’elle est malade. On peut s’en procurer facilement, au supermarché comme à la pharmacie ou encore en ligne. Il existe toute une gamme de masques, aux niveaux de protection ou d’esthétique différents".

Claude Chevaleyre invoque son expérience sur la question : le masque n’était pas vraiment dans la culture de la République populaire de Chine dans les années 1990 et 2000. À Taiwan, sur laquelle la culture japonaise a toujours eu un impact plus important, il était plus présent, mais lorsque j’y résidais à la fin des années 2000 ce sont surtout les masques en tissu antipollution que l’on voyait dans les rues de Taipei sur le visage des motards. Je ne sais pas ce qu’il en est de la Corée, mais le "geste culturel ancré" est surtout japonais, à l’origine, pour autant que je puisse en juger. Sa dissémination pourrait correspondre aux précédentes pandémies de SRAS. Mais ce n’est qu’une supposition. Pour la petite anecdote très ordinaire : il y a aussi des boutiques en Chine qui vendent des masques très design (cher) avec par exemple des dessins de bonhomme qui sourit ou les motifs reconnaissables Vuitton, comme s'il s'agissait aussi d'un vêtement (et peut-être d'un marqueur social ?). Si j'en ai trouvé un certain nombre dans les boutiques de Nankin et de Shanghai (il y a quelques années de cela), j'en ai plus rarement vus portés dans les rues.

Au Vietnam aussi, la pratique est courante. François Guillemot évoque l'habitude des Vietnamiens de sortir masqués, en particulier pour tous ceux qui sont en mobylettes ou à vélo dans le but de se protéger de la pollution. L'épidémie a renforcé cette habitude parfois en doublant la couche de masques. Autant pour des raisons d'application des mesures prises par le gouvernement que par défiance envers le pouvoir politique, l'auto-confinement au Viêt-Nam a été la règle dès que la situation chinoise a été connue en janvier. La situation apparaît sous contrôle mais la grande disparité régionale des cas confirmés fait craindre aux autorités une possible vague plus féroce qu'aujourd'hui.
Dernier détail concernant le masque, il est comme en Chine ou à Taïwan customisé et lors de la crise sono-vietnamienne de 2014, des quantités de masques ont été produits avec le drapeau national et la mention « I love Viêt-Nam ». Personnellement, je portais un masque en tissu ( de fabrication vietnamienne) dès la fin du mois de février dans le tramway mais les gens qui en portaient se comptaient sur les doigts d’une main. 

Toutefois, il faut prendre du recul sur cette soi-disant "tradition", Arnaud le rappelle : "Je lis beaucoup de papiers parler d' "us et coutumes" ou de "culture" asiatique du masque. C'est de la bêtise. Porter un masque pour se protéger et protéger les autres, ce n'est ni une "coutume" ni de la "culture". C'est un geste éminemment moderne, qui s'est imposé en Chine puis au Japon dans le contexte du début du XXe siècle et de la découverte des microbes et des virus… La vraie question, c'est plutôt celle du "non-port" en Occident… Association à la maladie, refus de couvrir le visage dans l'espace public ? On peut lire à ce titre l’article d’un anthropologue ici  article d'un anthropologue (qui associe crainte du masque et crainte du foulard islamique en France ; ce serait plutôt les Occidentaux, en effet, qui devraient se poser la question !).

Est-ce que le Covid-19 a eu ou aura un impact culturel sur notre société ?

Plutôt que d’évoquer "notre" société, je pense plutôt aux sociétés asiatiques qui sont l’objet de recherche de l’unité. Les conséquences immédiates se font déjà ressentir, Elise Domenach mentionne le cinéma au Japon où tout le monde est effondré car les pertes sont terribles pour l'industrie mais surtout pour le cinéma indépendant et les cinémas qui ont survécu au raz de marée de la concentration de la distribution. Au passage elle relaie une initiative intéressante : une pétition pour demander la création d'un fonds d'urgence de soutien au cinéma indépendant signée par les plus grands cinéastes japonais actuels (Hamaguchi, Suwa, Koreeda, Mori...).

De manière très prosaïque, François Guillemot évoque notamment le port de masque en cas d'épidémie qui affectera notre société... mais pour combien de temps. On voit bien que le naturel revient vite au galop même dans une situation de confinement. Pierre-Emmanuel Bachelet abonde en ce sens : "des personnes proposent déjà de dire que le Covid-19 marquera, pour les historiens et historiennes du futur, le début du XXIe siècle. Pas sûr, personnellement, que ça change grand-chose, notamment en termes de choix politiques, de politiques environnementales et sociales. Le monde va reprendre là où il s'était arrêté. Mais c'est bien entendu une rupture historique et inédite dans l'histoire du monde. En termes culturels, je pense également que les habitudes vont revenir au galop. Si la question c'est : est-ce que les Français et les Françaises vont se mettre à porter des masques ? bien entendu que non. Ou alors il faudrait que des épidémies du genre se multiplient pour conduire à un véritable changement culturel (ce qui est d'ores et déjà annoncé !)".

La question de la durabilité et du déploiement des effets dans le temps est posée : il y aura un impact, sans nul doute, mais lequel ? Il est évident que nous vivons une époque traumatique qui a des conséquences profondes sur les populations, à tous égards : les relations sociales tant privées que publiques, les catastrophiques conséquences économiques pour les pays dont les systèmes sont les plus individualistes et notamment l’arrêt net de toutes les industries du loisir et de la circulation. Et de nouvelles dimensions à la mondialisation : pour la première fois dans l’histoire, tous les pays du monde font cause commune contre un ennemi invisible qu’il est impossible de stigmatiser, nous découvrons de nouveaux moyens de communication et une nouvelle dimension à celle-ci, nous redécouvrons les ressources qui nous entourent qui y trouvent une nouvelle valorisation, comme l’entraide de voisinage ou familiale.

Sur le plan politique, en ce qui concerne les différents pays asiatiques, la lutte contre la pandémie est devenue un nouvel enjeu d’image médiatique mondiale, nouveau lieu de compétition internationale, qui se traduit par celui qui aura le mieux combattu, le plus efficacement, de la manière la plus innovante. La concurrence sur le plan des droits de propriété intellectuelle et donc en matière d’accès aux soins pour l’ensemble de la planète commence à émerger. Sur le plan de la communication politique aussi, la lutte est puissante : quelle information transmettre, comment la communiquer, comment la maîtriser au mieux, comment faire d’une faille ou d’une défaillance un atout, voire une force ? Comment transmettre un sentiment de sécurité à sa population, comment la contrôler pour éviter qu’elle ne déborde ? comment profiter de la crise pour affaiblir un pays concurrent ou redorer l’image du sien, ou encore pour resserrer les liens avec les pays qui sont dépendants de soi ?

Selon Laurent Gédéon, politologue, il semble que cette crise mette en lumière le degré d'acceptabilité élevé de la société (dans certains pays d'Asie mais aussi, plus largement, dans différents pays occidentaux) de décisions restreignant les libertés individuelles sous couvert du bien commun (ou de la peur). Le recours à la force publique mais aussi l'utilisation d'une forme de pression sociale (dénonciations) semble faire l'objet d'un relatif consensus. Le contrevenant est non seulement un délinquant mais représente aussi une menace qui doit être combattue (voir à ce sujet le florilège de termes négatifs utilisés pour les désigner). D'une certaine manière, ceci renvoie partiellement à un phénomène antérieur ayant déjà fait l'objet d'études : l'Amérique post 2001 (Patriot Act). La question est donc de savoir si cette acceptabilité est reproductible, dans quelles conditions, avec quel impact à long terme sur nos pratiques et quel bénéfice peut en tirer la société elle-même ainsi que l'Etat. Mais Jérôme Bourgon nous met en garde : "Attention à la vision négative, qui pose en positif nos valeurs de manière irréfléchie, comme si la finalité de toute société humaine et le point ultime de l’histoire était “l’autonomie individuelle”, la “liberté d’expression”, etc. Les sociétés asiatiques ont eu durant des siècles l’expérience des grandes concentrations humaines, des très hautes densités, et des cataclysmes réguliers : sur 2000 ans d’histoire de Chine, Ray Huang a compté une catastrophe d’ampleur nationale (touchant plusieurs provinces, des millions de gens) tous les 1,5 ans :  tous les 18 mois en moyenne, un tremblement de terre, sécheresse, inondation, criquets, épidémie… Je passe sur la Chine du 20e siècle et sur les alertes épidémiques du 21e. Ça ne façonne pas les mêmes “valeurs”, ni la même philosophie institutionnelle. Apprécions nos avantages relatifs, sans extrapoler, et sans condescendance pour ceux qui n’en bénéficient pas."

Béatrice JaluzotBéatrice Jaluzot, directrice de l'IAO

Béatrice Jaluzot est Maître de conférences HDR en droit privé à Sciences-po Lyon, rattachée à l’Institut d’Asie Orientale (UMR 5062, ENS de Lyon, CNRS, Sciences-po Lyon) et membre de l’Institut de Droit Comparé Édouard Lambert (Université Lyon 3).

Ses domaines de recherche sont le droit comparé et le droit japonais.

 

Vidéo

Béatrice Jaluzot dans la série Mots de Chercheurs (2017).

Durée : 4'03

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