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Diriger l'Institut de génomique fonctionnelle de Lyon pendant le confinement

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Actualité / Interview

Résumé

Le point de vue de Florence Ruggiero, directrice de l'Institut de génomique fonctionnelle de Lyon - IGFL, UMR 5242, USC 1370.

Description

L'Institut de génomique fonctionnelle de Lyon : quelques chiffres

L'IGFL compte plus de 100 membres :
•   33 chercheurs ou enseignants-chercheurs
•   41 personnels techniques et administratifs (30 permanents et 11 CDD)
•   31 doctorants et post-doctorants

Le laboratoire après 3 semaines de confinement

Après la fermeture de l’IGFL, quelques ajustements ont été nécessaires. Mais tout s’est rapidement mis en place et aujourd’hui, alors que l’on débute une quatrième semaine de confinement, tout se déroule pour le mieux.

Les activités de notre unité se poursuivent tant bien que mal à distance avec 85% du personnel en télétravail. Maintenir un contact avec ceux et celles qui sont parfois loin de leur famille, comme nos doctorants et stagiaires reste une priorité et tout le monde y contribue.

Et je n’ai pas été surprise de constater que l’IGFL, dans toute sa diversité, foisonne d’idées pour maintenir une activité scientifique riche en propositions et échanger ensemble sur beaucoup de sujets y compris celui qui nous préoccupe tant en ce moment, le Covid-19.

Je pense au développement de l’application Slack pour tous les membres de l’IGFL, et ses différents canaux (science, administration, général, "random" – que j’aime particulièrement – et enfin covid-emergency).

Je pense au déploiement virtuel de nos réunions d'équipe hebdomadaires, aux conseils de direction et de laboratoire.

Je pense à l’élan de tous nos formateurs pour mettre le contenu de leurs formations à disposition de tous sur notre site intranet, aux actions d’animation scientifique mises en place par les étudiants, techniciens, ingénieurs et chercheurs.

On a tout testé : Skype, Webex, Tixeo, Zoom, Renater, ent-Visio, avec plus ou moins de succès… On a vu défiler sur nos écrans des décors insolites de cuisine, chambres d'enfants ou d'ados réquisitionnées pour l’occasion, salons, jardins..., le passage inopiné d'enfants en quête de parents ou juste curieux, des invité(e) impromptu(e)s profitant de l’occasion pour souhaiter un joyeux anniversaire aux intervenant(e)s…  "La Visio-conférence pour les Nuls", ce sera nous.

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Les activités de recherche

Les expérimentations à la paillasse ont été interrompues ou mises en stand-by. Cet arrêt brutal aura assurément un impact sur l’avancée des projets en cours. Certains vont devoir repartir de zéro et auront perdu plusieurs mois de recherche expérimentale.

Seuls nos bio-informaticiens ou modélisateurs peuvent poursuivre leurs travaux de recherche à distance sans être trop perturbés par cette situation inédite. On peut remercier notre informaticien pour avoir rapidement mis en place le travail à distance sur des stations d’analyse restées à l’IGFL qui nous permettent de pouvoir analyser nos données expérimentales et nos acquisitions d’images pendant cette période.

Notre Institut a la particularité d'héberger de nombreuses variétés d’espèces animales (drosophiles, petits crustacés, patineuses, etc.). Il était donc important  de les préserver au mieux sans perdre un travail de longue haleine, tout en facilitant la tâche de la petite dizaine de personnes autorisées à accéder aux bâtiments de l’IGFL. Anticiper les besoins et organiser les astreintes ont été nos priorités absolues. Il y a eu une mobilisation exceptionnelle de tout le personnel de l’IGFL et un énorme travail a été accompli en seulement un jour et demi pour mettre en place les astreintes.

Impact du Covid-19 sur la recherche scientifique

Le Covid-19 a et aura un impact sur la recherche scientifique, c’est certain et on le voit déjà.

Nous ne sommes pas experts dans ce domaine de recherche et nos thématiques actuelles ne vont certainement pas être modifiées par l’arrivée de cette épidémie. Nous avons des collègues à l’ENS de Lyon bien plus qualifiés que nous.

En revanche nous avons une très grande expertise dans certaines des techniques déployées aujourd’hui pour le dépistage du virus chez les patients (comme les q-PCR ou la technologie NGS) et nous possédons, comme beaucoup de laboratoires de biologie, des machines pour réaliser ces tests, que nous mettons à disposition.

Plusieurs personnes à l’IGFL se sont portées volontaires auprès de nos tutelles pour aider à la réalisation de ces tests dans les hôpitaux.

Au-delà de ces aspects techniques, il est de notre responsabilité en tant que scientifiques et biologistes de rappeler autant de fois que nécessaire ce qu’est une démarche scientifique et d’être attentifs à ce que de fausses informations sur ce virus ne se propagent pas de façon aussi incontrôlée que le coronavirus lui-même en ce moment.

Florence RuggieroFlorence Ruggiero, directrice de l'IGFL

Florence Ruggiero dirige une équipe de recherche de renommée mondiale (Biologie et pathologie des matrices extracellulaires). Avant d'intégrer l'équipe de direction de l’IGFL, Florence a été la vice-directrice de la SFR Biosciences-Gerland (2006-2010).

Vidéo

Florence Ruggiero dans la série Mots de Chercheurs (2017). Durée : 3'24 

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