Agenda de l'ENS de Lyon

CONCEPTUAL TUNING : A PHILOSOPHICAL METHOD

Date
ven 15 déc 2017
Horaires

14h

Lieu(x)

D2.128


Description générale

Résumé

Chaque activité humaine nécessite d’avoir une méthode propre pour pouvoir obtenir un résultat concret et satisfaisant. C’est le cas aussi pour la philosophie, une discipline qui compte 2500 ans d’histoire. Mais quelle est la méthode de la philosophie? Cette question demande que l’on s’interroge plus généralement sur la nature même de l’entreprise philosophique, et donc requiert une démarche dite méta-philosophique. Cette thèse tente d’apporter des éléments de réponse à cette double interrogation en introduisant une perspective métaphilosophique et méthodologique qui fait de la philosophie une démarche de « Conceptual Tuning » [d’harmonistation conceptuelle]

Les boxeurs ne se préoccupent généralement pas de la question conceptuelle : « Qu’est-ce que la boxe? ». De même, les biologistes se posent à peine la question : « Qu’est-ce que la biologie ». Pour eux, ce genre de questions est extérieur à leur discipline. Cependant, pour la philosophie, la question de la nature de la philosophie est une question interne à elle-même. La conscience de ce que l’on fait se trouve en quelque sorte considérée comme une condition sine qua non du faire philosophique.

Puisque la philosophie possède une si longue histoire et tant de traditions diverses et variées, les propositions quant à la nature et la méthode de la philosophie ne manquent pas et le débat entre elles est ancien. Cette thèse tente d’y apporter une nouvelle contribution en intervenant dans des discussions récentes à ce propos dans le champ anglo-saxon pour proposer une option nouvelle dite du « Conceptual Tuning ». Cette conception de la philosophie comme harmonisation conceptuelle est principalement développée à partir de celle dite du « Conceptual Engineering », dont les défenseurs voient dans la philosophie une démarche d’amélioration de nos concepts, tels que ceux de « personne», « libéralisme » ou « science ». Cette thèse commence ainsi par examiner ainsi six versions du « Conceptual Engineering », à savoir le « Conceptual Engineering » de Cappelen, la Méthode de l’Explication de Carnap, le Révisionnisme Moral de Zagzebski, la Guerre Lexiale de Ludlow, la Négociation Métalinguistique de Plunkett et l’Approche Améliorative de Haslanger. Ces six approches admettent déjà que nos concepts peuvent être défectueux, et que c’est la tâche du philosophe que de les « réparer ». Mais tandis que la plupart des approches du « Conceptual Engineering » ne font que se concentrer étroitement sur cette perspective d’une « réparation » conceptuelle, cette thèse soutient que l’attention doit plutôt être portée sur une démarche « d’expression ». Ce qui revient à dire qu’il faut intégrer la démarche de l’ingénierie conceptuelle dans le cadre général de la pratique consistant à demander et à donner des raisons au sens que le philosophe Brandom lui a donné.

Cette thèse soutient également que d’autres conceptions importantes de la méthode et de la nature de la philosophie, telles que celle de Brandom, de la philosophie du langage ordinaire et de l’analyse conceptuelle traditionnelle, peuvent très bien venir par là s’incorporer dans un tel projet d’harmonisation conceptuelle. De sorte que, loin d’être en opposition avec elle, ces approches métaphilosophiques sont en fait conformes à l’idée d’harmonisation conceptuelle et s’intègrent parfaitement avec elle

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