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La régénération d’un membre amputé suivie cellule par cellule

Publication IGFL dans e-Life
Publié le : 2 novembre 2016
Publi_IGFL-Averof_e-life.jpg Membre régénéré du crustacé Parhyale hawaiensis avant la mue qui va le libérer et lui permettre de devenir fonctionnel. © Frederike Alwes

Crabes, poulpes, salamandres et beaucoup d’autres animaux ont la fabuleuse capacité de faire repousser un membre lorsqu’il est sévèrement blessé ou amputé. Les cellules dédiées à la création des nouveaux tissus chez ces espèces sont les cellules «progénitrices ». Elles sont différentes selon leur vocation : régénération de muscles, ou des nerfs et de l’épiderme. Frederike Alwes, Camille Enjolras et Michalis Averof, de l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon (IGFL) ont suivi pour la première fois, cellule par cellule, la régénération d’un membre coupé d'un petit crustacé appelé Parhyale hawaiensis. Ils ont pu observer le comportement réel des cellules et des tissus pendant la régénération : le mouvement de chaque cellule, leurs divisions et leurs descendances. Ces résultats sont publiés dans la revue eLife.

Imaginez que vous essayez de comprendre une danse complexe avec un grand nombre de danseurs. Mais vous ne disposez que d’une série de photographies. Les chercheurs rencontrent les mêmes difficultés : ils doivent déduire le processus de régénération à partir d’images statiques sur une longue durée, souvent de plusieurs semaines ; les cellules impliquées sont trop nombreuses (des dizaines de milliers) ; et tout cela se déroule chez un animal qui bouge. Le succès de l’équipe "Biologie comparative du développement et de la dégénération" dirigée par Michalis Averof s’appuie sur le fait que le membre de leur modèle expérimental, le petit crustacé Parhyale hawaiensis, peut se régénérer assez rapidement (en une semaine), qu’il dispose d’un nombre restreint de cellules (quelques centaines), et que son membre est entouré d’une cuticule transparente que les chercheurs utilisent comme une « camisole de force » pour l’immobiliser.

L’équipe prévoit maintenant d’étendre son étude de la régénération de l’épiderme aux autres types de cellules progénitrices, qui permettent de régénérer les muscles, les tendons et les nerfs. Leur objectif est d'élaborer une description complète de la construction du membre régénéré.

Retrouver l'article sur le site du CNRS

 
Références : Live imaging reveals the progenitors and cell dynamics of limb regeneration.  Alwes F, Enjolras C, Averof M. Elife. 2016 Oct 25;5. pii: e19766. doi: 10.7554/eLife.19766.

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Mise à jour le 2 novembre 2016
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