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Atelier MOUVANCES "Violence administrative et récits de vie"

Date
mer 25 fév 2019
Horaires

18h-20h

Libre participation 

 

Lieu(x)

Salle D2.102

Organisateur(s)
Langue(s) des interventions

Description générale

Ce nouvel atelier du laboratoire junior Mouvances porte sur la violence administrative et les récits de vie. Il s'inscrit dans le cadre de la création d'un dictionnaire situé des migrations.

Nous nous intéresserons lors de cet atelier au champ des administrations chargées de l'octroi de titre de séjours pour les étranger.e.s : préfecture, SPADA, OFPRA, etc. Ces structures renvoient soit directement à des institutions d'État, soit à des associations chargées d'en assurer les missions. Dans la pratique, ces institutions travaillent à accorder ou non, et à renouveler ou non des titres de séjour ou d'asile.

L'un des buts de l'atelier sera de définir la violence administrative. En guise d'esquisse, nous pouvons postuler qu'il s'agit premièrement d'un sentiment éprouvé devant le pouvoir des administrations d'accorder le droit, ou non, de rester sur le territoire français. D'autre part, la violence administrative vient aussi désigner certaines pratiques des administrations pouvant porter atteinte à la dignité et à l'intégrité morale ou physique des étranger.e.s sur le territoire national. A titre d'exemples pourraient figurer la prise d'empreinte forcée, ou l'exécution de tests osseux dont la validité est plus que contestée. 

Les manifestations de violence administrative ont particulièrement été étudiées dans le cadre de récits de vie, obligatoires pour toute demande d'asile. D'abord écrits, souvent traduits, ces récits sont ensuite développés lors d'un entretien auprès de l'OFPRA et c'est sur la base de leur crédibilité et de leur conformité au statut de réfugié.e ou à la protection subsidiaire qu'ils sont évalués. La construction du récit, le déroulé de l'entretien, parfois réalisé par vidéo, ses conséquences psychologiques seront étudiées lors de l'atelier, sans pour autant nier la capacité des demandeur.se.s d'asile à jouer le jeu, ni celle des salarié.e.s de l'OFPRA à l'humaniser. 

Mais en tant que chercheur.ses, et si nous en avons le temps, nous inclurons aussi les récits de vie en tant que méthode d'enquête : comment faire pour qu'ils ne reproduisent pas la violence induite par les interrogatoires d'État ?

Gratuit