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Corps en scène : marginalisation et subversion

Date
ven 11 mai 2018
Horaires

14h - 17h

Lieu(x)

Bibliothèque Diderot : salle de Séminaire, Premier étage.

Intervenant(s)
  • Arianna Sforzini, docteure en philosophie et spécialiste de Michel Foucault
  • Marie Astier, docteure en Études théâtrales, qui travaille sur la représentation esthétique et politique du handicap sur la scène contemporaine française
Langue(s) des interventions

Description générale

Organisée par le laboratoire junior "Altérités, Marginalités, Catégorisations", cette séance de réflexion envisage le théâtre comme un outil méthodologique pour appréhender et comprendre les corps altérisés, marginalisés et catégorisés.

« Scènes de corps révoltés. Le théâtre philosophique foucaldien comme instrument herméneutique et politique » - Arianna Sforzini

Dans sa thèse Scènes de la vérité. Michel Foucault et le théâtre, soutenue en 2015 et récemment publiée, Arianna Sforzini propose de concevoir le théâtre comme un instrument de conceptualisation philosophique. La philosophie de Michel Foucault peut ainsi, selon Arianna Sforzini, être comprise à travers le prisme du théâtre, tant elle développe différentes « scènes » de vérité dans le cadre de ses différentes histoires philosophiques.  En tant qu'opérateur philosophique, le théâtre n'est à entendre ni en un sens théâtrologique (le théâtre dramatique et scénique), ni en un sens métaphorique (le theatrum mundi, la scène comme métaphore de la société, dans lequel chacun joue le rôle qui correspond à sa fonction), mais comme double du réel : le théâtre philosophique foucaldien, dans le même mouvement de redoublement et duplication, permettrait en effet de mettre en scène (et donc de révéler) les mécanismes de normalisation et les possibilités de résistance.

Retracer les scènes de corps révoltés, c'est utiliser le théâtre comme instrument subversif capable de dédoubler le réel pour en faire apparaître les failles. C'est montrer que les corps qui font l'objet du pouvoir et que le pouvoir catégorise et marginalise – qu’il s’agisse des corps des « malades », des corps des « fous » ou encore des « gays » chez Foucault –, sont aussi des corps capables de subvertir les jeux de pouvoir et les jeux de vérité qui les assujettissent.

« Rendez-vous gare de l’Est : réflexion sur la représentation du handicap sur scène » - Marie Astier

Marie Astier vient d’achever sa thèse de doctorat en Études théâtrales, « Présence et représentation du handicap mental sur la scène contemporaine française », préparée à l’Université de Toulouse-Jean Jaurès.Jusqu'à la fin du XIXe siècle, le handicap est exhibé de manière déshumanisante à la fois par le domaine médical (expérienc

es scientifiques) et par le théâtre (freak show forains) : la représentation est alors fondée sur la spectacularisation des corps des sujets, qui marginalise le handicap en le présentant comme une anormalité.Au XXe siècle, en même temps que la notion de « handicap » est conceptualisée, le théâtre réinterroge la place, le rôle et le statut du sujet handicapé sur scène : on passe alors de la mise en visibilité des corps (appréhendés jusqu'alors comme des « cas scientifiques ») à la mise en audibilité d'expériences singulières. Le regard sur ce qui était jusqu’à présent considéré comme un stigmate est alors déplacé.

Après une présentation synthétique de l’histoire de la représentation du handicap sur scène, Marie Astier proposera, à travers une communication participative, de lire et d'observer des extraits du spectacle Rendez-vous gare de l'Est, écrit et mis en scène par Guillaume Vincent à partir d'entretiens menés avec une jeune femme diagnostiquée bipolaire.

Affiche - Corps en scène