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Dynamiques d’internationalisation et pensées non hégémoniques en sciences sociales

Date
mar 12 avr 2022
Horaires

9h-12h30

Intervenant(s)
  • Yves Gingras, professeur d’histoire et de sociologie des sciences, Université du Québec, Montréal, professeur Invité de l'ENS de Lyon
  • Svetla Koleva, professeure de sociologie, Académie bulgare des sciences, Sofia
Langue(s) des interventions

Description générale

Organisée par Laurence Roulleau-Berger et Julien Barrier avec le soutien de Triangle (UMR CNRS 5206) et du Laboratoire de l’Éducation (UAR CNRS 3773), cette conférence aborde les dynamiques contemporaines d’internationalisation des sciences humaines et sociales et leurs limites à partir du cas de la sociologie. Dans la lignée des réflexions menées dans le chantier transversal Politique des savoirs et le pôle Post Western Sociology du laboratoire Triangle, il s’agira d’interroger les logiques de production et de circulation des savoirs ainsi que les formes de domination et d’hégémonie intellectuelle qui traversent la discipline.


Programme de la conférence

9h -9h15 : Introduction : Julien Barrier et Laurence Roulleau-Berger
9h15-10h45 : « Les limites de l’internationalisation des sciences humaines et sociales »
Intervention d’Yves Gingras, suivie d’une discussion avec la salle
10h45-11h : Pause café
11h-12h30 : « De la marginalité à la non-hégémonie : le cas de la sociologie est-
européenne des années 1945–1989 »
Intervention de Svetla Koleva, suivie d’une discussion avec la salle

Présentation des interventions

Yves Gingras est professeur d'histoire et de sociologie des sciences au département d'histoire de l'UQAM et directeur scientifique de l'Observatoire des sciences et des technologies (OST). Ses publications récentes sont : Catherine Allamel-Raffin, Jean-Luc Gangloff, Yves Gingras (dir.) L'expérimentation dans les sciences (Matériologiques 2022), Histoire des sciences (PUF, Que sais-je?, 2e édition, 2021), Sociologie des sciences (PUF, Que sais-je?, 3e édition, 2020), Bibliometrics and Research Evaluation. Uses and Abuses (MIT Press, 2016), L'impossible dialogue. Sciences et religions (Boréal, 2016).

Son intervention abordera les limites de l’internationalisation des sciences humaines et sociales. Elle part du constat que le projet d'internationalisation des SHS passe le plus souvent par le truchement de la publication en anglais en lieu et place des langues nationales. Prenant comme étude de cas l'expérience française de traduction systématique de certaines revues SHS en anglais (Revue Française de sociologie et Population), il s’agira de montrer que ce projet coûteux n'a pas atteint les buts escomptés car il est fondé sur de fausses prémisses qui ignorent les différences de nature entre les objets des sciences de la nature et ceux des sciences sociales.

Svetla Koleva est professeure à l’Institut de philosophie et sociologie auprès de l'Académie bulgare des sciences. Ses recherches portent principalement sur la production, la circulation et la réception des savoirs scientifiques, en s’intéressant plus particulièrement à la construction et à l’inscription sociale de la sociologie, ainsi que sur les transformations politiques et sociétales (recompositions identitaires, mobilisation citoyenne et développement local). Parmi les publications les plus récentes : "Sociologia din Bulgaria în perioada interbelică" [Sociology in Bulgaria during the Interwar Period]. In: Zoltán Rostás and Theodora-Eliza Văcărescu (eds). (Re)pornirea sociologiei după Marele Război. Cazul României în context est-european [(Re)Starting Sociology after the Great War. Romania in East-European Context]. Bucharest: Eikon Publishing House, 2021 (en roumain); Numéro thématique( co-ed)« Les sciences humaines et sociales en Bulgarie : bilans et prospectives », Psihologia Socială, 46 (III), 2020 ; « Doing Post-Western Sociology in Central and Eastern Europe before and after the Great Change », The Journal of Chinese Sociology, (7) 1, 2020 ; Totalitarian Experience and Knowledge Production: Sociology in Central and Eastern Europe 1945-1989; Brill, Series: Post-Western Social Sciences and Global Knowledge, 2018.

Son intervention est une invitation à rencontrer le passé disciplinaire de la sociologie pratiquée sous les régimes communistes en Europe centrale et de l'Est comme une œuvre collective faites de méconnaissances et soupçons mutuels, de rendez-vous manqués, de découvertes enthousiasmées. Ayant existé plus de quatre décennies dans les conditions relativement identiques de contrôle politico-idéologique, de monopole paradigmatique du marxisme idéologisé et d'isolement cognitif, la sociologie est-européenne interroge le développement même de la discipline.
Deux questions principales sont traitées : 1) comment la sociologie développe-t-elle le projet scientifique de la discipline devenant composante de la structure institutionnelle de l'État-Parti communiste, et en particulier, de la structure disciplinaire de la science « marxiste-léniniste » ?, et
2) comment est produite la connaissance sociologique de et dans la nouvelle société dite socialiste qui se constitue à la fois comme un nouvel objet de recherche, un nouveau contexte d'exercice de la discipline et un nouveau modèle axiologique; quelle est la valeur cognitive et sociale des savoirs produits ? Sur la base d'une étude comparée des sociologies nationales des cinq pays est-européens (Bulgarie, Hongrie, Pologne, ex-Tchécoslovaquie et ex-Union soviétique), est démontrée la thèse suivante : en défendant son identité scientifique du savoir du social objectif et vérifiable et produisant des connaissances en conformité avec les modèles de scientificité en œuvre dans la discipline de l'époque, la sociologie est-européenne non seulement sort de la marginalité mais développe des pratiques post-occidentales avant la lettre

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