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Groupe d'ontologie et de métaphysique contemporaines : « La vie de la pensée et la vie comme pensée »

Date
ven 29 mar 2019
Horaires

18h-20h

Lieu(x)

Salle D2.002

Intervenant(s)

Louis Morelle, doctorant à l'Université Panthéon-Sorbonne Paris 1 sous la direction de Laurent Jaffro

Langue(s) des interventions

Description générale

« On s'intéressera ici à la façon dont la tradition idéaliste, prise en son sens le plus large, a été amenée à construire le concept de pensée dans un jeu d'imitation et de contraste à l'égard du concept de vie. En effet, si la structure de la pensée doit servir de détermination fondamentale pour l'être, et partant pour la processualité en tant que telle, encore faut-il que cette détermination soit susceptible d'intelligibilité, fût-elle analogique, chez des êtres pour qui la pensée se présente comme une modalité parmi d'autres d'exercice de la vie. Émerge alors le problème central du rationalisme, celui de la fin de la pensée à l'égard des exigences de la vie, et, partant, du fondement à donner à une prédominance de l'une ou de l'autre. Un premier aspect de cette étude portera ainsi sur la notion de vie de la pensée, qui requiert un mouvement équivoque de transfert des qualités propres du processus vital vers les processus intellectuels, qui apparaissent alors comme une vie inconditionnée ou absolue. Plutôt que de les renvoyer à des erreurs de catégorie ou des jeux de métaphore, il s'agira de prendre au sérieux de telles conceptions, d'origine aristotélicienne et néoplatonicienne, dans leur ambition d'établir en termes métaphysiques une autonomie sans reste de la pensée à l'égard du vivant. Apparaît alors, à travers cette thèse, le thème théologique de l'auto-législation, qui renvoie la décision, encore hypothétique, en faveur de la vie (via une nature auto-productrice) ou de la pensée (par une rationalité auto-légitimante) à la position implicite d'une entité omnipotente capable de remplir ce rôle législateur. L'on retrouve ici, dans cette injonction à trancher, les termes de la Querelle du Panthéisme tels que posés par Jacobi : soit un Dieu vivant, soit une nature inhumaine, soit une pensée démiurgique, doit être affirmé. Sortir de cette tenaille, supposerait à la fois une mise en intelligibilité de la vie en tant que processus, et, partant, de ce que la pensée contient de vivant en elle, et, simultanément, une articulation de la structure de la pensée qui vienne rendre compte de sa capacité d'action sans recourir à une théologie implicite de la raison pour fonder sa prétention à guider l'existence. Dans cette tentative, l'on se penchera sur le dialogue entre Fichte, Schelling, et Hegel, à travers leur articulation de la relation entre nature et esprit, respectivement sous la forme d'une Doctrine de la Science, d'une Naturphilosophie, et d'une Science de la Logique. »

Gratuit
Mots clés
Disciplines