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La dynamique animale dans les oeuvres poétiques de Supervielle, Saint-John Perse et Char. Présence, surgissement, échappée.

Date
ven 13 sep 2019
Horaires

14h

Lieu(x)

Salle D2-109

Intervenant(s)

Mme Flora SOUCHARD, du Centre d'études et de recherches comparées sur la création (CERCC), sous la direction de Mesdames Corinne BAYLE-GOUREAU et Anne SIMON.

Langue(s) des interventions

Description générale

Ce travail de thèse propose d’étudier les oeuvres de Supervielle, Saint-John Perse et Char au prisme de la dynamique animale. Il confronte ces textes du XXe siècle à des problématiques plus récentes qui, dans le courant de la « zoopoétique » développée par Anne Simon, considèrent les bêtes littéraires dans leur aspect corporel, organique, mouvant, autant que symbolique. Au-delà de leur dimension métaphorique, les animaux innervent en effet les textes d’une force de création issue de leur qualité d’êtres vivants. Des insectes multiples aux grands mammifères, l’éventail de la relation des bêtes au monde et à l’humain ouvre dans les textes de multiples problématiques sémantiques et stylistiques, qui sont appréhendées par la première partie de ce travail. La faune apparaît, ainsi que l’approfondit la deuxième partie, comme vectrice d’une pensée élargie de l’environnement. S’appuyant sur des approches anthropologiques, ces analyses font ressortir un traitement particulier des notions de nature ou de paysage, montrant les animaux comme outils de modélisation de l’espace, mais aussi de la pensée. Par le surgissement constant de leur altérité, désirée ou perturbatrice, ils confrontent les poètes aux frontières floues de leur propre individualité. Dans une dernière partie, l’animalité concrète sera étudiée en parallèle des facultés qu’a la poésie d’interroger son siècle et les vertus de son langage, élargi au contact des modalités de communication animale. Nous observons que le pistage d’une bête et l’appréhension d’une pensée poétique ressortissent à des herméneutiques proches, entre veille, émerveillement et distance. Est révélée dans ce rapprochement de la bête et du poème une constance de la faille, et une jouissance de l’échappée.

Gratuit
Mots clés