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Le sujet politique du féminisme : de l'ontologie à la pratique : Comment la philosophie doit-elle s'emparer des problèmes féministes ?

Date
ven 18 nov 2022
Horaires

14 heures

Lieu(x)

Salle D2-108

Intervenant(s)

Mme Léa VEDIE du laboratoire TRIANGLE, sous la direction de M. Claude GAUTIER.

Langue(s) des interventions

Description générale

Cette thèse prend pour point de départ la question du « sujet » féministe, c’est-à-dire de la collectivité à la fois concernée par et mobilisée sur les enjeux féministes. Au cours des trente dernières années, le courant dit « post-structuraliste » dans les études féministes a largement contribué à populariser cette question. À travers l’exposé du contexte intellectuel de ces débats, ainsi que des positions de deux de ses principales représentantes (Elizabeth Spelman et Judith Butler), j’en viens rapidement à une question d’ordre méthodologique : comment faire de la philosophie féministe ? Un consensus émerge des nombreuses voix que j’interroge dans ce travail : la théorisation féministe doit être anti-essentialiste, ou, pour le dire autrement, éviter par tous les moyens de faire de son sujet une essence. Or, je défends que cette position pose plus de problèmes qu’elle n’en résout, en raison, notamment, du caractère particulièrement vague de cette préconisation.
La deuxième partie de ma thèse se consacre ainsi à proposer des critères normatifs permettant de distinguer ce que serait une bonne théorisation féministe. À partir de travaux de philosophes féministes contemporaines, telles que Marilyn Frye, Michèle Le Doeuff et Cressida Heyes, j’élabore les critères d’une méthode pragmatique de théorisation féministe. Cette méthode cherche à faire des pratiques politiques de transformation sociale une norme pour les théorisations féministes, une mesure permettant d’évaluer leur pertinence, mais aussi une source privilégiée pour les problèmes théoriques.
Enfin, la troisième partie de cette thèse constitue une mise en pratique de la méthode que je préconise. La démarche consiste ici à aller puiser dans des matériaux extra-philosophiques (archives, mémoires, travaux d’historien-ne-s et de socio-historien-ne-s) pour y chercher des problèmes philosophiques. En interrogeant le sens des pratiques de mixité et de non-mixité dans les mouvements féministes français et étasunien des années 1960-1970, je reconstruis ainsi une théorisation du sujet féministe.

Gratuit
Mots clés
Disciplines