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Agenda de l'ENS de Lyon

Séminaire "Silence et corps"

Date
ven 03 juin 2022
Horaires

14h - 17h

Lieu(x)

Le séminaire se tiendra uniquement en ligne.

Le lien de connexion vous sera envoyé par mail après inscription.

Pour vous inscrire : labo.silencio [at] gmail.com">labo.silencio [at] gmail.com

Intervenant(s)

Adrien Raoult : Agrégé d'Espagnol et étudiant en M2 Recherche à l'ENS de Lyon, il s'est spécialisé dans l'étude de la littérature espagnole contemporaine et plus particulièrement du genre poétique. Il prépare un projet de thèse sur l'oeuvre castillane et catalane de Pere Gimferrer.

Gaëlle Guillet-Sariols : Agrégée d'Espagnol et élève en M2 Recherche à l'ENS de Lyon, elle s'est spécialisée dans la photographie latino-américaine du XXe siècle. Elle prépare un projet de thèse sur la photographie documentaire mexicaine à partir des années 1970, en s'intéressant plus particulièrement à un corpus féminin.

Langue(s) des interventions

Description générale

Le laboratoire junior ¡Silencio! vous invite à son séminaire de recherche "Silence et corps", qui se déroule dans le cadre de son troisième axe de recherche "Rupture du silence". La question du silence et du corps sera abordée à travers différents supports artistiques : la poésie de Federico García Lorca et la photographie de Graciela Iturbide.

Nous écouterons dans un premier temps Adrien Raoult, avec une communication intitulée : "L'écriture du stigmate dans Poeta en Nueva York de Federico García Lorca : aux origines du mythe lorquien"

"Assassiné le 18 janvier 1936, Federico García Lorca est une figure qui convoque d’emblée un complexe imaginaire de l’écrivain maudit (Brissette, 2005). Dès lors, nous nous demanderons dans quelle mesure les écrits du poète ont pu constituer un terreau fertile au renforcement de ce mythe. C’est pourquoi nous nous livrerons à une analyse du motif du stigmate dans son recueil Poeta en Nueva York. En effet, le stigmate, que le locuteur poétique suggère tant à travers ses prises de parole que ses silences, marque l’intégralité des êtres qui peuplent le paysage newyorkais, jusqu’à atteindre l’écriture elle-même. Nous nous demanderons alors comment l’omniprésence de ce motif – placé tout entier sous le signe duel d’une infamie et d’une élection (Goffman, 1963) – permet au locuteur lorquien d’élaborer une véritable pensée du fait social et du travail poétique (Thélot, 2013) qui dépasse le simple cadre d’une esthétique de la déviance ou d’une mise en scène du soi. Nous chercherons ainsi à faire apparaître les complexes relations qui se nouent dans la production lorquienne entre parole, silence et corporéité."

 

Gaëlle Guillet-Sariols nous présentera ses réflexions avec une communication intitulée : Voiles, peaux et surfaces / Juchitán de Graciela Iturbide ou l'épiderme du réel :

"Dans la série photographique Juchitán de Graciela Iturbide, la présence récurrente d’images de voiles, de tissus, de matières diverses et variées sur la peau des sujets photographiés permet de penser une analogie entre la surface de l’image photographique et la peau. Ces images seraient l’épiderme du réel qu’elles représentent, un réel voilé, silencié parce que marginal. En effet, la peau et la photographie sont toutes les deux définies en ce qu’elles sont des surfaces, sans profondeur, tout en étant le manque même de cette surface : elles expriment mais sans paroles. Comment penser la corporéité de l’image si elle n’est que surface, sans profondeur ? Que peuvent exprimer les images muettes et voilées de ces corps ? Ces images deviennent dès lors autotéliques : la photographie se montre comme une surface parce qu’elle manque sa matérialité même et les images de voiles qui cachent des corps parlent du silence de l’image elle-même.  À travers ces images de tissus et de corps, Graciela Iturbide propose une réflexion entre corporéité et surface qui viendrait souligner d’une part le silence de l’image photographique et d’autre part le silence imposé à cette communauté indigène. Une poétique de la peau et du voile en photographie est alors envisageable, traitée comme lieu d’inscription ethnique et culturelle où corps et paroles sont voilés par le silence photographique."