Ce cours propose d’explorer les représentations contrastées de la nature et du vivant dans la pensée et la littérature du second XVIIIe siècle. Si l’époque semble marquée par l’essor des sciences et des techniques, le développement des savoirs classificatoires ou encore la volonté de maîtriser la nature, elle voit également émerger une sensibilité nouvelle à l’égard du vivant, s’affirmer de nouveaux parti pris esthétiques (autour du sublime ou de l’art des jardins, par exemple), comme croître une réflexion inquiète sur les conséquences de l’action humaine (pensée renouvelée de la catastrophe naturelle, réflexion sur les ravages environnementaux de la colonisation, considérations sur la condition animale par exemple.)
Le cours s’appuiera sur un corpus varié (Rousseau, Diderot, Buffon, Bernardin de Saint-Pierre, Mercier, Pierre Poivre…), relevant de genres divers (fiction narrative, essais, écrits de soi…). Dans une période où commencent à s’affirmer les premiers partages « disciplinaires », il s’intéressera aux interactions des sciences et des lettres, et tentera d’explorer, au croisement d’approches philosophiques, idéologiques, scientifiques et esthétiques, certaines ambivalences de la modernité naissante, pour esquisser une archéologie critique de nos rapports contemporains à l’environnement et au vivant.