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Agenda de l'ENS de Lyon

L'éthique narrative de la mémoire

Date
jeu 25 nov 2023
Horaires

14h

Intervenant(s)

Mme Na ZHANG du laboratoire CERCC, sous la direction de Messieurs DAYRE et ZHU.

Organisateur(s)
Langue(s) des interventions
Description générale

Après l’Holocauste, la quête d’une mémoire juste, et fidèle à l’histoire, a suscité d’importantes controverses, notamment en raison des défis liés à la représentation de la réminiscence et à l’éthique narrative dans la littérature. Paul Ricœur, philosophe contemporain, a apporté une contribution essentielle dans son ouvrage La mémoire, l’histoire, l’oubli, publié en 2000, en explorant la phénoménologie de la mémoire et l’épistémologie de l’histoire. Sa réflexion est cruciale pour appréhender la crise du témoignage et les enjeux éthiques qui ont émergé après la Seconde Guerre mondiale. La présente étude se focalise sur l’éthique narrative de la mémoire, en s’appuyant sur l’herméneutique du texte et la théorie de la mémoire élaborée par Paul Ricœur. Nous combinons ainsi les réflexions de Ricœur sur la narration dans ses œuvres majeures telles que Temps et récit (3 tomes), Du texte à l’action et Soi-même comme un autre, couvrant les années 1980 à 1990, pour aborder la question de la possibilité d’une mémoire « juste » dans la littérature. La perspective comparative entre les cultures chinoise et française est également adoptée pour enrichir l'analyse critique de la théorie de la mémoire de Paul Ricœur et la notion de « justesse » de la mémoire, d’« adéquation » et de « justice ».

L’analyse se divise en deux parties distinctes. Dans la première partie, nous aborderons la question de la représentation du passé et sa fidélité d’un point de vue phénoménologique. Nous confrontons la conception essentialiste de la mémoire, héritée de la philosophie grecque antique, à la perspective constructiviste de la mémoire dans la Chine ancienne. Cette comparaison nous permet de mieux comprendre les différences de points de vue et les approches culturelles divergentes de la mémoire. Dans la seconde partie, nous mettons l’accent sur la dimension éthique du récit mnémonique, en nous focalisant tout particulièrement sur le concept de « justice » et son lien avec le « travail de mémoire ». Nous explorons ainsi le rôle essentiel de la littérature dans le témoignage d’événements extrêmes. En ce sens, l’écriture littéraire, en tant que laboratoire éthique, offre des occasions de réaliser une mémoire plus juste. Les deux parties généralement examinent également les différences et les similitudes entre les perspectives chinoises et françaises, afin de construire une analyse dialectique comparée de la théorie de la mémoire de Paul Ricœur.

Gratuit

Mots clés